Politique cantonale

Le label ThéâtrePro-VS perd Interface

lundi 12 septembre 2011, par Cécile Gavlak

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Le Théâtre Interface, à Sion, n’a pas déposé de demande de renouvellement pour le label ThéâtrePro, contrairement aux cinq autres établissements également labellisés par le Canton. Pourquoi ? Et quelles seront les conséquences ?

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Dès le 1er janvier 2012, le théâtre Interface ne sera plus labellisé ThéâtrePro. Cela signifie que les compagnies qui souhaiteront envoyer une demande de subventions ThéâtrePro pour un projet pourront désormais le faire en collaboration avec le Théâtre du Crochetan (Monthey), le Théâtre de l’Alambic (Martigny), le Théâtre des Halles (Sierre), le Théâtre de Valère (Sion) ou le Théâtre La Poste (Visp). Ces cinq autres lieux labellisés Théâtre de création ont, quant à eux, réitéré leurs demandes. Une fois attribué, le label ThéâtrePro doit faire l’objet d’une demande de renouvellement au bout de cinq ans, de la part de l’établissement. A l’instar des cinq autre lieux, Interface était labellisé depuis le début du dispositif, en 2006-2007.
Contacté à ce sujet, le directeur du Théâtre Interface, André Pignat, réagit au quart de tour à la question de savoir pourquoi son établissement quitte le label : Ce n’est pas du tout une guerre contre ThéâtrePro ! Il est possible que nous renouvelions la demande dans une année par exemple… Quant à savoir si cette décision découle du projet d’école qui mûrit actuellement au Studio Théâtre (Le Nouvelliste du 7 septembre), André Pignat répond négativement, ajoutant que l’école commencera en janvier 2012.

Remettre le créateur au centre

Il justifie le choix de renoncer au label : « Nous souhaitons nous donner une année pour faire le point. » A la base de cette réflexion, le directeur avance « une envie de remettre le créateur au centre de l’établissement. Ce ne sont pas les moyens du lieu qui conditionnent la création, mais le créateur qui définit les moyens de création. » Ces outils, techniques, administratifs ou autres, le label ThéâtrePro les cadre en imposant des critères précis. « Nous voulons retrouver une forme de liberté, et réfléchir aux moyens à disposition. C’est une manière de nous mettre en péril, pour reconstruire des choses. »
Aux yeux du public, les changements se feront sentir à partir de 2012. « L’acte de création sera lié à l’acte de vie. Nous souhaitons proposer à des artistes de venir présenter leur palette au public à travers deux ou trois spectacles, par exemple. Une manière de montrer l’unicité des créateurs. »

Quel rôle pour Interface ?

Le théâtre Interface ne pourra donc plus être directement partenaire des compagnies pour des projets ThéâtrePro. Il pourra cependant jouer le rôle de lieu d’accueil d’une création ThéâtrePro ou intervenir dans une co-production. Pour rappel le système, mis en place par le Canton, a pour but de créer des partenariats entre les lieux de création labellisés et des compagnies professionnelles, afin que chacune des parties reçoive des subventions. De nouvelles demandes de labellisation sont actuellement en cours et la possibilité que d’autres lieux soient labellisés reste ouverte. Le Canton n’a pas fixé de quota pour le nombre d’établissements labellisés. Les subventions accordées aux projets artistiques, en partenariat avec les lieux labellisés, oscillent ensuite entre 50 000 à 120 000 francs.
Questionnée sur les conséquences du retrait d’Interface, Muriel Constantin, conseillère culturelle au Canton, explique aussi que « cela n’empêchera pas la Compagnie Interface d’envoyer une demande pour une réalisation dans un autre lieu labellisé ».
Du côté de la compagnie, le metteur en scène André Pignat reste évasif sur ce point : « nous avons différentes possibilités, il n’est pas exclu que nous nous produisions ailleurs, mais il est trop tôt pour en parler. »

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