Pour 2010, quel est le budget alloué par la ville de Monthey à la culture ?
Ce sont 2,5 millions qui sont investis, c’est-à-dire 3% du budget communal. Par rapport à 2009, le budget est plus élevé.
Comment cette somme est-elle répartie ?
Elle est partagée entre le théâtre du Crochetan, la salle du Pont Rouge, La Bavette, Le Garenne, des sociétés locales culturelles et des jumelages avec d’autres villes. Si on parle uniquement programmation, le théâtre du Crochetan touche 650’000 francs pour 2010, contre 600’000 francs en 2009. Si on parle fonctionnement de l’institution, cela représente environ 1,5 millions en 2010. La salle du Pont Rouge, qui vient de changer de statut en passant sous la gestion directe de la ville, fonctionne avec un budget communal de 80’000 francs, contre 50’000 francs en 2009. Le théâtre pour enfants La Bavette touche 35’000 francs, au lieu de 25’000 en 2009. Et l’association active dans le domaine des arts plastiques Le Garenne reçoit le double par rapport à 2009 : 10’000 francs au lieu de 5’000.
Quel est le point positif de ce budget ?
Il a augmenté, ce qui est extrêmement rare. Les villes ont plutôt tendance à faire l’inverse. Le budget du Crochetan a été renforcé, ce qui est nécessaire pour faire face à l’évolution du coût des spectacles. L’attribution d’un budget de 80’000 francs à la salle du Pont Rouge est aussi très importante pour le développement des musiques actuelles et des groupes locaux. Sans oublier que le service jeunesse est intégré au nouveau projet du Pont Rouge, il y a donc là une dimension sociale et même socio-éducative. Les autorités réalisent qu’il y a autre chose que le Crochetan comme activité culturelle à Monthey.
Vous n’y êtes pas pour rien dans cette prise de conscience…
Je n’y suis pas pour rien, mais c’est aussi le travail de la municipale de la culture Aude Joris, qui pousse la politique culturelle avec beaucoup d’énergie. Aujourd’hui, la ville veut développer l’offre culturelle dans trois directions : les arts de la scène, la musique et les arts plastiques.
Finalement, sur les lieux que vous avez cités, la moitié appartiennent à la ville. Cela ne représente-t-il pas une perte d’indépendance ?
Cela peut être un risque. Je pense que les lieux de culture doivent servir aux artistes avant tout. Dans notre vision du développement de l’offre culturelle, c’est là-dessus que nous travaillons. Que les lieux soient gérés par la ville ou par des associations ne change rien à cette volonté. Ceci dit, si des associations motivées proposent des activités culturelles, nous leur ouvrirons la porte. Par exemple, le Pont Rouge peut redevenir associatif à terme, c’est une possibilité.
Où en est-on avec le Pont Rouge ?
La salle rouvrira ses portes le 30 janvier. Elle n’est plus gérée par une association et devient une salle communale. C’est un lieu peut-être trop grand pour être géré uniquement par des bénévoles. La ville a donc décidé qu’il n’y aurait plus de base associative, dans un premier temps. Les 30’000 francs de différence entre 2009 et 2010 serviront à étoffer l’offre musicale et payer un programmateur. Le Pont Rouge fait partie des salles qui permettront de dynamiser la ville sur le plan culturel. L’idée étant également d’établir des ponts entre les différents lieux. Dans cette perspective, j’ai créé une plate-forme de discussion entre les lieux culturels montheysans afin de fédérer les énergies et de réfléchir à des collaborations. À terme, l’idée serait d’organiser un événement commun à Monthey, sortir de nos institutions pour mettre la culture dans la ville.
Dans l’idéal, quel budget souhaiteriez-vous pour la culture ?
La totalité du budget communal ! (rires) Avec 200’000 francs supplémentaires, ce serait confortable…
Quel est le point négatif de ce budget selon vous ?
C’est difficile de répondre à cette question car la ville fait énormément d’efforts. Mais je ne veux pas faire de langue de bois. Avec plus de fonds pour la culture, nous pourrions augmenter les ressources humaines et développer la communication et la médiation auprès des écoles et du public. On pourrait également mettre l’accent sur les arts plastiques. Nous pourrions donner une meilleure impulsion, par exemple, aux artistes du Garenne qui font du bon travail. Avec plus de moyens, Le Garenne saurait acquérir une reconnaissance romande, voire même internationale.


