Nous y étions !

lundi 20 août 2012, par Nicole Mottet

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Il y eut foison de culture ce week-end en Valais. Pour vous, Valais-mag a ramené quelques images et commentaires du Festival Rilke et du Mauvoisin. Impressions en images…

Festival Rilke

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Orphée indigné : Installation de Sabine Zaalene dans les jardins du Château Mercier.

Au cœur d’un bosquet de cyprès (symboles de la vie éternelle dont le bois est utilisé pour la fabrication du cercueil des papes) voisinant le Château Mercier, Sabine Zaalene nous invite aux textes de Rilke sur fond de musiques et bruits du monde. Mystérieuses résonnances au-delà du Temps. Une installation subtile comme un cœur qui pulse au rythme de la nature.

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C’est là que nous sommes – Création musicale d’après « Notes sur la mélodie des choses » de Rainer Maria Rilke.

On attendait un spectacle inspiré de Rilke, on s’est retrouvé avec nos voix romandes qui « font » ce qu’elles savent et ont l’habitude de faire. Au-delà d’un melting-pot d’images disparates, de textes convenus, d’interprétations retenues, la belle palette d’artistes proposée n’a pas réussi le pari de l’inspiration et nous laisse avec un arrière-goût de déception. Alors que, sous les étoiles, tout appelait à la poésie. Mention spéciale pour la fraîcheur, la sincérité et la spontanéité des slameurs de la première partie de soirée.

Mauvoisin

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Tangential – Circular Negative Line – Vernissage de l’œuvre de Michael Heizer

Après Vercorin et ses créations in situ (R & Art), le designer Jean-Maurice Varone a créé en 2010 la Fondation Air & Art, dont le but est de développer des projets d’art contemporain en relation avec le territoire. La première étape a vu son aboutissement ce 18 août, sur le site du Mauvoisin. Elle a été réalisée par Michael Heizer, un artiste américain majeur du Land Art, spécialisé dans les œuvres monumentales. Posés sur ce qui pourrait être une piste au milieu d’un cirque de montagnes que boucle la couronne de béton du Mauvoisin, les cercles de Michael Heizer amènent dans cet environnement sauvage une atmosphère de plénitude interrompue seulement par des déchirures d’acier qui invitent à l’introspection. Tension palpable entre la nature qui déploie ses atours et le geste de l’homme qui lui répond.

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Christian Lutz – Aux dépens du réel – Exposition de photographies sur le Barrage du Mauvoisin et au Musée de Bagnes.

Mention spéciale pour la balade jusqu’à la couronne du barrage du Mauvoisin. Et à pied si possible, en empruntant la galerie sombre et humide, taillée dans le rocher, rehaussée des photos de la construction du lieu. L’arrivée au sommet, avec vue plongeante sur les images du Far West américain contemporain de Christan Lutz, vaut largement l’effort que vous aurez consenti : un regard comme Valais-mag les aime sur une nature de western spaghetti, sur la vie au quotidien des cow-boys de notre temps. En traversant l’édifice à l’aller, l’esprit se prend à imaginer de drôles d’histoires dans ces paysages arides, alors qu’au retour, il est confronté à de sacrés personnages, aux prises avec un quotidien abrupt. Christian Lutz a l’art de révéler l’intimité des êtres et des choses. Au hasard d’un regard, d’un objet posé quelque part ou ailleurs, d’un ciel de fin d’après-midi, il vaut la peine de prendre le temps de l’observation, jusqu’à l’indiscrétion. En redescendant vers la plaine, une pause s’impose au Musée de Bagnes où l’exposition se poursuit par l’observation pertinente et minutieuse d’autres contrées et d’autres peuples, dont certains ne nous sont pas totalement étrangers. Aux dépens du réel, des bribes de vie comme autant d’instants d’éternité offerts à l’objectif

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