Que connaît-on de la vérité des êtres ?

lundi 17 décembre 2012, par Manuela Giroud

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« Classiques en stock » tire sa révérence sur l’un des meilleurs films de l’histoire, voire le meilleur, « Citizen Kane ».

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Orson Welles incarne lui-même le magnat de la presse Charles Foster Kane. DR

« Citizen Kane » (id.), de Orson Welles (Etats-Unis, 1941), avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore.

L’intrigue

« No trespassing » (Défense d’entrer), indique le panneau sur la grille qui entoure le domaine de Xanadu. A l’intérieur du manoir meurt un homme solitaire. Il rend son dernier soupir en murmurant « Rosebud » (bouton de rose). Sa main s’ouvre, libérant une boule à neige. Une infirmière arrive et recouvre son corps. Ainsi disparaît Charles Foster Kane (O. Welles), magnat de la presse. Un journaliste mène l’enquête pour découvrir le sens du dernier mot prononcé par Kane. En recueillant les témoignages des proches du défunt, il reconstitue peu à peu les événements et les émotions constitutifs d’une vie.

L’anecdote

Souvent classé en tête des meilleurs films de l’histoire du cinéma, « Citizen Kane » connut un retentissant échec commercial à sa sortie aux Etats-Unis. L’une des raisons en serait l’acharnement de William Randolph Hearst, grand manitou des médias, qui s’était reconnu dans le personnage de Kane. Tandis que ses journaux appellent à boycotter le film, Hearst lui-même aurait fait pression sur les exploitants pour qu’ils renoncent à le programmer dans leurs salles.

Bonus

Ce chef-d’œuvre absolu est le tout premier long métrage d’un gamin de 25 ans, Orson Welles. Un galopin qui, quelques années auparavant, avait terrorisé l’Amérique avec son adaptation radiophonique de « La Guerre des mondes » de H.G. Wells, faisant croire à l’invasion du pays par les Martiens. Sur « Citizen Kane », le jeune homme est à la fois coscénariste, réalisateur, interprète principal et producteur – il se mêle encore du montage et des trucages. Formellement, « Citizen Kane » est un miracle. Welles a une connaissance intime de la grammaire cinématographique qu’il décline avec une maîtrise époustouflante (cf. son utilisation du plan-séquence, de la contre-plongée, de la profondeur de champ, etc.). La narration s’avère tout aussi éblouissante, avec ces flash-back et ces témoignages imbriqués de manière non-chronologique, qui souvent se complètent et parfois se contredisent… Tout est affaire de point de vue, nous dit ce film. Que connaît-on de la vérité des êtres ?

Ce film est disponible à la location auprès de la Médiathèque-Valais.

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