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Le journal culturel valaisan

Sion vote le statu quo

jeudi 17 décembre 2009, par Marie Parvex

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Pas de grands changements à l’horizon. C’est la conclusion majeure que l’on peut tirer des budgets culturels 2010 de la ville de Sion qui ont été votés mardi soir. Gaëlle Métrailler, déléguée culturelle de la capitale, nous livre ses impressions. Nommée le premier juin alors que les budgets sont bloqués le 15, la jeune Madame culture n’a pas eu beaucoup d’influence sur les décisions prises pour l’année à venir. Si changement de politique il y a, celui-ci devrait avoir lieu en 2011.

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Gaëlle Métrailler, déléguée culturelle de la ville de Sion.

Quels sont les points positifs du budget culturel 2010 ?

Il y a d’abord ma nomination comme déléguée culturelle qui fait une grosse différence à la fois dans le budget et dans les moyens que se donne la ville en la matière. Pour le reste, il n’y a pas de grands changements mis à part quelques restructurations au niveau des statuts de l’Académie de musique d’été et de la Haute école de musique.

Pour la première fois, Ouverture opéra sera subventionnée à hauteur de 70’000 francs…

Oui, c’est vrai. L’association présentera Don Giovanni à la Ferme Asile l’été prochain. Cette manifestation permet à de jeunes talents valaisans de participer à la création d’un opéra et son écho médiatique est assez important.

Au vu des discussions et des amendements proposés, il apparaît que l’Alliance de Gauche est le groupe qui défend le plus la culture. Or, c’est un groupe minoritaire dont les propositions ont toutes été refusées. Dans ces conditions, peut-on réellement espéré des changements notoires dans la politique de la ville ?

Ce n’est pas juste, à mon avis, de dire que l’Alliance de Gauche défend plus la culture que les autres groupes. Chacun défend sa vision de ce qu’est la culture, et je crois que tous les groupes politiques sont conscients de l’importance de la culture pour la société, mais aussi du fait que l’enveloppe culturelle sédunoise est plus basse que la moyenne suisse. Dans ma commission culturelle, nous avons une idée très claire de la politique que nous voulons mettre en place. En ce qui concerne les infrastructures, deux projets à l’étude sont reconnus comme prioritaires par la Ville : la construction de la salle de Matze (dans le nouveau projet dont il est question), ainsi qu’un site et des locaux dévolus aux musiques actuelles. Nous sommes aussi en train de redéfinir des critères objectifs de subventionnement et d’établir des contrats plus clairs avec les institutions qui sont soutenues de manière permanente.

Malgré une exposition très remarquée à Paris, il n’y a eu aucune discussion à propos du budget alloué à La Fondation Fellini. Va-t-il quand même se passer quelque chose en sa faveur ?

Théoriquement, il devrait y avoir des changements. La Fondation est en discussion avec un partenaire pour trouver un lieu. Si tel est le cas, nous pourrions allouer des crédits supplémentaires pour le fonctionnement de la Fondation.

Etes-vous surprise qu’il n’y ait pas eu d’amendement à ce sujet ?

Cela ne me surprend pas dès le moment où, réglementairement, seul l’ensemble d’une rubrique peut être amendée par le conseil général, et cela à certaines conditions.

L’un des points soulevés par l’Alliance de Gauche, c’est Sion en lumière. Le groupe a demandé que le budget soit financé par l’économie et le tourisme plutôt que par la culture. A votre avis, Sion en lumière c’est de la culture ou un produit touristique ?

Un produit touristique à caractère culturel. La part de création de chaque spectacle lui confère une dimension culturelle. Et n’oublions pas que c’est un musicien professionnel, Christophe Guyard, qui a créé les derniers spectacles…

La structure a déjà coûté plus de 4 mios et devrait encore coûter cela dans les quatre prochaines années. Sion en Lumière mange le budget culturel de la ville ?

Non. 100’000 francs seront alloués en 2010 sur le budget culturel pour financer la partie création. Le reste provient du budget d’autres services. Et si ces 100’000 francs étaient prélevés sur un autre budget, cela ne changerait rien aux subventions des autres institutions culturelles sédunoises : en réalité, ce montant est simplement ajouté à l’enveloppe de la culture.

Des grands événements touristiques et des festivals d’été reçoivent plus d’argent que des théâtres qui fonctionnent toute l’année. Est-ce que cela veut dire que la politique de la ville est tournée vers des événements ponctuels qui amènent beaucoup de public ?

Pas forcément. Notre but est de dynamiser la culture locale. Les contrats de financement de certaines structures, comme le CMA, la Fondation Interface, le Festival International de musique de Sion ou le Guinness Irish festival arriveront à échéance en 2010 et 2011. Ce sera l’occasion de les rediscuter. Il est clair que les théâtres municipaux, notamment, manquent de moyens. Je crois que les politiques en sont conscients. Mais cette réorganisation implique de mettre en place des objectifs précis.

La sous-dotation du Petithéâtre a justement fait l’objet d’une intervention de l’Alliance de Gauche qui affirmait que les salaires des employés étaient indécemment bas. Est-ce normal que la ville accepte une telle situation dans un théâtre municipal ?

À titre personnel, je considère que ce n’est pas normal, mais ce n’est pas à moi de juger cela. Nous avons essayé de proposer un soutien plus conséquent mais les moyens de la ville ne sont pas extensibles et nous sommes obligés de faire certaines concessions. Le budget de la capitale est déficitaire cette année et il ne peut pas l’être plus que tant. Cependant en 2011, le CMA - Petithéâtre sera lié à la Ville par une nouvelle convention, ce qui permettra de fixer un nouveau montant annuel.

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