Galerie de la Grande Fontaine

Anne-Chantal Pitteloud se met aux mondes

dimanche 22 janvier 2012, par François Praz

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Sorte de parenthèse enchantée, la résidence octroyée par l’État du Valais dont a bénéficié l’artiste sierroise à Paris en 2011 a eu un effet déclencheur pour elle. Anne-Chantal Pitteloud a établi des cartes de pays imaginaires, aussi bien intérieurs qu’implantés dans une forme de réalité plus transposable et plus familière. Elle les expose à la galerie de la Grande Fontaine.

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Une oeuvre d’Anne-Chantal Pitteloud exposée à la Grande Fontaine.

Sorte de parenthèse enchantée, la résidence octroyée par l’État du Valais dont a bénéficié l’artiste sierroise à Paris en 2011 a eu un effet déclencheur pour elle. « Je travaille à l’accoutumée la céramique. Pour ces six mois en France, j’étais placée dans l’impossibilité d’emporter avec moi mon atelier. Je me suis donc dirigée vers le dessin. À vrai dire, cette envie était déjà plus ancienne. Elle n’était pas connectée de façon directe à ce séjour », analyse-t-elle.

De sa chambre implantée dans un bloc universitaire imposant au chaleureux atelier qu’elle s’est d’emblée appropriée, une existence où se mêlaient création et découvertes du milieu culturel parisien s’est mise en place sans délai. « Le temps s’est écoulé trop vite. Lorsque le moment du retour a approché, je n’avais qu’une préoccupation, obnubilante : comment allais-je faire pour ne pas me trouver limitée à ces six petits mois ? Je souhaitais absolument prolonger cette expérience. Le recul aidant, je suis en définitive heureuse d’avoir réinvesti mon atelier valaisan où m’attendaient mes terres », admet Anne-Chantal Pitteloud.

Libéral dans sa générosité, l’État du Valais n’a pas conditionné son aide à un quelconque retour sous forme de présentation publique ou autre (un rapport circonstancié a suffi). L’exposition de la Galerie de la Grande Fontaine avait d’ailleurs était agendée beaucoup plus tôt.

Que nous a dès lors ramené l’artiste sierroise de ces semaines si vite évaporées ? De manière surprenante (mais sans que l’on perde de vue le lien avec ses oeuvres qui ont précédé), Anne-Chantal Pitteloud a établi des cartes de pays imaginaires, aussi bien intérieurs qu’implantés dans une forme de réalité plus transposable et plus familière.

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Des mondes imaginaires…

Ces archipels qu’elle a créés à l’aide d’encres de Chine à la dilution maîtrisée colonisent des planisphères aux données géographiques égarantes. Des croquis-encarts constituent autant d’annexes et de légendes, eux-mêmes complétés par des mots et des données diverses qui précisent ces univers. Issues de ses recherches formelles antérieures, des collections d’objets archaïsants ponctuent le vaste parcours que la galerie sédunoise livre à l’exploration de ses visiteurs. « Vu d’ici, ça paraît loin » affirme l’intitulé de l’exposition : le côté faussement familier de cette expression colle à ces créations oniriques que n’auraient pas reniées les philosophes antiques, eux-mêmes grands façonneurs de mondes.

À découvrir à la Galerie de la Grande Fontaine 4, Rue de Savièse / Sion Du 20 janvier au 11 février Mer-ven : 14h30-18h30 Sam : 10h00-12h00 et 14h30-17h00

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