Dépressions au soleil couchant

samedi 16 octobre 2010, par Eric Felley

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La Ferme-Asile de Sion propose une exposition de son artiste à résidence de l’ été. La Française Marie-Hélène Rognon, choisie parmi 70 artistes, y montre un travail narratif fait de récupération, de bricolages dans un univers plutôt dadaïste.

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« Dépression au soleil couchant » Une œuvre à double-sens de Marie-Hélène Rognon.

« Pas si loin de la mer », c’est sous ce titre ensoleillé que Marie-Hélène Rognon présente à la Ferme-Asile son travail d’artiste de résidence. Cette Française de Clermont-Ferrand avait été choisie parmi une septantaine de candidats inscrits pour des « vacances » depuis mai en ces lieux.

Il en résulte une exposition assez ludique et narrative, avec comme on dit « des clins d’œil ironiques et complices » pour les visiteurs spectateurs. Comme le souligne Véronique Mauron, responsable de programmation de la Ferme-Asile, nous sommes ici dans une démarche artistique contemporaine qui « désacralise » l’art avec des moyens et des résultats rudimentaires, peu élaborés sur le plan technique où les choses sont comme elles sont. Ainsi par exemple, le jeu des caravanes qui symbolisent le voyage. Et effectivement, on sent déjà le camping de la plage à l’horizon.

La mer n’est jamais loin. Une grande toile représente un paquebot dans une nuit universelle avec le reflet orange d’une bouée. Le tableau est intitulé « Dépression au soleil couchant » pour faire référence au tableau fondateur de l’impressionnisme « Impressions au soleil levant » de Monet. Ce qui fait sourire l’historienne d’art Véronique Ribordy, qui trouve que pour une trouvaille, c’est une trouvaille.

La montagne n’est pas loin non plus. Notre invitée française a pris de la hauteur et a mis dans le scénario de sa vidéo la culture d’une salade biologique. La plantation unique a eu lieu près de Mase parce que : « A Mase, on y vient et on y revient » comme dit le panneau à la sortie du village. Cela donne une vidéo de type minimaliste non dénuée d’humour visuel.

S’il fallait situer cette performance dans l’évolution de l’art, Marie-Hélène Rognon est l’héritière des flâneries surréalistes et dadaïstes du début du siècle passé. Sans doute qu’elle ramènera de son séjour en Valais de quoi poursuivre son chemin poétique vers les vagues et les courants de l’art qui se mélangent à l’air du large.

« Pas si loin de la mer » Marie-Hélène Rognon. Ferme-Asile. Jusqu’au 7 novembre.

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