Une quinzaine d’œuvres, un accrochage sobre…, avec l’exposition du peintre vaudois Jean Scheurer, la Fondation Louis Moret à Martigny présente un de ses rendez-vous classiques. C’est la troisième fois que l’artiste, 62 ans, expose dans cet espace. La maîtresse des lieux, Marie-Fabienne Aymon, connaît bien son œuvre et la commente avec beaucoup d’à-propos. Des œuvres qui « posent inlassablement la question de l’espace du tableau, ou comment il se construit, se rassemble ou se disperse, comment il se diffuse ou se rétracte au moyen de la lumière et parfois de la couleur, et comment cet espace produit du rythme, une cadence pour l’œil. »
Jean Scheurer peint surtout des lignes de haut en bas de ses tableaux, comme des codes barres personnels. Il les assemble sur des aplats généralement parfaits, débordants parfois légèrement les lignes. Certaines de ces œuvres sont carrément noires, légèrement bordées de gris : « surface de silence profond, fenêtre ouverte sur la nuit du monde… » Les autres affichent une palette de gris, oranges et jaunes retenus, légèrement cassés de noir et très élégants.
Comme dans l’art construit proche de l’architecture, la peinture de Scheurer, à l’acrylique, demande une technique disciplinée pour une esthétique que d’aucuns pourraient trouver froide. Et d’autres proches de la beauté classique et de la simplicité. Mais, dans cette rigueur, pour qui se sait se mettre à la place d’un faiseur de lignes verticales, le trait d’esprit rejoint parfois la ligne droite.
A noter que Jean Scheurer expose également aux Musée des Beaux-Arts à Lausanne dans le cadre de l’actuelle exposition consacrée aux collections de l’institution. Une première monographie de son œuvre est aussi sortie de presse cette année, richement illustrée en couleurs.
A voir jusqu’au 17 octobre. Tous les jours, sauf lundi, de 14 à 18 heures. Fondation Louis Moret. Martigny


