Label Art au pays des codes

lundi 5 septembre 2011, par Eric Felley

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Lancement à Sion de la manifestation phare des arts visuels valaisans jusqu’au 23 octobre. L’œuvre de Delphine Reist et Laurent Faulon créée l’événement à la Ferme Asile mais déçoit un peu par son académisme minimaliste.

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Vendredi 2 septembre, Label Art 2011 a trouvé son public pour le lancement de cette première triennale valaisanne. Valais-mag

Il y avait la petite foule des grands jours vendredi soir pour le vernissage de la manifestation Label Art 2011 à la Ferme Asile à Sion. Environ deux cents invités ont pu découvrir l’œuvre un peu déroutante de Delphine Reist et son mari Laurent Faulon. Tous les ingrédients d’une fête nationale (Fet Nat est le titre de l’installation) étaient réunis pour accueillir les patriotes d’un soir. Les deux artistes ont rempli l’espace supérieur de la ferme avec le mobilier et les accessoires incontournables de la fête : tables de cantine, poubelle typique de la voirie sédunoise, barrière métallique et un feu virtuel. Sans oublier pour s’écarter un peu du thème des décorations lumineuses de Noël pour la touche kitsch. L’œuvre semblait fonctionner à merveille puisque beaucoup ont cru que cette mise en scène était spécifique au vernissage. Mais non. Pour la curatrice de l’exposition, Véronique Mauron, « Cette installation propose un univers proche de la fête populaire qui permet d’échapper aux codes sociaux et qui invite à la déraison. Pour les artistes il s’agit de pointer la problématique des origines et des appartenances. »

Delphine Reist, la Valaisanne de Genève qui monte en puissance dans les milieux de l’art contemporain, et son mari, ont sans doute réussi à créer un espace bien codifié, un peu dérangeant par sa froideur, la coquille vide de la fête avant ou après. Cette installation inédite manque sans doute de vie, malgré l’odeur des victuailles (pourquoi ne pas y avoir mis des gens, des vrais fêtards ?). Elle n’échappe pas à l’académisme actuel qui marque le territoire de l’art contemporain, tout aussi codifié que la fête nationale. On pourrait parler alors d’une mise en abîme, d’un jeu de miroirs ou d’un soupçon de vertige. Il en reste une œuvre minimale, un « dispositif » comme l’appelle Véronique Mauron, autour duquel on peut faire tourner un carrousel de concepts et d’interprétations. Ou rester de marbre et préférer l’original à la copie, c’est-à-dire la véritable fête nationale !

Ce vernissage marquait donc le lancement de Label Art 2011 qui se déroule dans 16 lieux différents jusqu’au 23 octobre. Pour tout savoir : labelart.ch.

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