Une présentation artistique cohérente

lundi 5 décembre 2011, par François Praz

Enregistrer au format PDF
JPEG - 106.1 ko
Exposition collective à l’Atelier Othal

Le vendredi 2 décembre se tenait le vernissage d’une nouvelle exposition collective à l’Atelier Othal, à la Rue des Châteaux 2 à Sion. Le lieu est résolument chaleureux avec ses poutraisons apparentes que contrebalancent de lumineuses parois. Cette réhabilitation de l’une des plus anciennes demeures de la capitale n’est pas anodine : auparavant, ces locaux abritaient les salles de torture de la police municipale ! Ces temps sont par bonheur révolus. Les six artistes qui y exposent jusqu’au 17 décembre sont en effet habités par des intentions bien plus pacifiques.

Laurent Gillioz, en premier lieu, s’applique à façonner des pièces associant bois précieux et métal. D’une maîtrise technique rare, ses créations sont accompagnées de poèmes, manières d’haïkus faussement naïfs. « J’ai un rapport très fort aux arbres. Il m’arrive de créer des oeuvres sur commande. Je tente alors de traduire les énergies qui se sont établies avec ces personnes en les ancrant dans mes sculptures ou bijoux », explique cet artiste venu de l’artisanat et qui le revendique.

Thierry Sermier, lui, présente des photographies sur toile. On découvre ainsi une série de panoramas urbains, très réussis d’un point de vue technique, mais quelque peu dépourvus d’aura artistique. Beaucoup plus consistantes sont ses mises en scène oniriques où des traces de feu esquissent des figures aériennes. Les sculptures de Myriam Ferrer se situent quant à elles aux frontières des arts premiers avec l’émergence d’une ethnie qui resterait à découvrir. Anouck Gobat pour sa part crée des lampes et des luminaires. Graciles et rehaussées de

JPEG - 89.7 ko
Exposition collective à l’Atelier Othal

multiples détails originaux, ces oeuvres ne dépareilleraient pas dans le décor d’un film de Tim Burton ou de David Lynch. La céramiste Christine Gay-Crosier de son côté présente des réceptacles réalisés avec les méthodes du raku, de même que des sculptures. Le jeu des matières et de légers glissements formels réorientent d’une manière ingénieuse les destinées originelles de ces objets. Enfin, Flavia Bogunda montre ses toiles abstraites qui offrent des textures plutôt brutes conférant une réelle densité à son travail.

En substance, cette exposition (qui est à visiter du mardi au samedi de 14h00 à 18h00) échappe au principal travers qui la guettait : un mode d’assemblage hétéroclite résultant de voisinages problématiques. On se doit en outre de saluer l’authenticité de la démarche de ces plasticiens qui ne tentent à aucun moment d’éluder leur passage par l’artisanat (à l’exception de la dernière citée qui n’est pas concernée par ce clivage). Loin d’annuler leurs forces, les créateurs qui composent cette constellation temporaire s’enrichissent les uns au contact des autres. Et ce n’est pas là la moindre de leurs réussites.

Répondre à cet article