Une valaisanne primée à la HEAD à Genève.

mardi 16 octobre 2012, par Nicole Mottet

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Nelly Haliti a de quoi être fière. A vingt-cinq ans, cette jeune octodurienne d’origine bulgare compte parmi les 4 lauréats (sur 60) à avoir reçu un des NEW HEADS Art Awards, attribués par la Fondation BNP Paribas, au terme d’un Master en Arts visuels effectué à la HEAD (Haute Ecole d’Art et de Design) de Genève.

Grâce à ce prix, la jeune femme participe, comme les autres lauréats, à l’exposition, THE HEAP, curatée par Giovanni Carmine (Directeur de la Kunsthalle de St-Gall), que l’on peut voir à LevelnYourHead, institut curatorial de la Head, jusqu’au 27 octobre prochain.

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Nelly Haliti, ici dans sa performance Flèches et béton (Exposition Minoterie VI, Usine Rodynam, Orbe 2011) a reçu le prix du jury du concours New Head Art Awards de la Fondation BNP Paribas.
Photo Nicolas Raufaste

Valais-mag a rencontré la jeune diplômée lors d’un de ses récents passages à Martigny.

VM – Nelly Haliti, dans le cadre de l’exposition présentée à Genève, vous présentez une pyramide de 77 peintures représentant des citrons, quel rapport avez-vous avec la peinture ?

NH – J’ai choisi dès le début de ma formation d’inscrire ma pratique artistique dans un contexte. Pour cela, je me devais d’avoir une grande connaissance de l’histoire de l’art et de la scène picturale. C’est dans ce sens que je me suis intéressée à la nature morte. Dans l’installation Nature morte et abstraction, par exemple, mon intention est de mettre en lumière le mouvement que génère dans la pensée la notion d’abstraction en référence au genre de la nature morte.

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Détail de Nature morte et abstraction, installation de médias mixtes, dimensions variables, HEAD - Genève 2011.
Photo Nelly Haliti

VM – Et comment êtes-vous arrivée aux citrons de Yellow Sun Pyramid ?

NH – Après avoir poussé à l’extrême ma réflexion sur la nature morte avec la vidéo et l’installation, après l’abstraction, j’ai voulu trouver un motif plus proche du spectateur. J’ai trouvé le citron dans la nature morte Les citrons, les oranges et la rose – 1633, attribuée au peintre espagnol Zurbaran. Cette toile, avec sa symbolique mystique, a été le point de départ de mon travail. Puis est venue la répétition, qui permet d’échapper au désir de faire une oeuvre unique et parfaite. Enfin, j’ai transformé mon atelier en camera obscura et j’ai expérimenté les rapports entre la lumière et le regard. Au final, j’ai réalisé 77 toiles présentées en château de cartes sur un miroir qui permet de démultiplier la forme jusqu’à l’infini.

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Yellow Sun Pyramid, installation de 77 peintures à l’huile sur toile et miroir.
Photo HEAD - Baptiste Coulon et Sandra Pointet

VM – Que retiendrez-vous de ces années d’études ?

NH – L’Ecole m’a donné les outils pour avoir un regard critique sur la production artistique et un discours sur mon propre travail. Mais on n’apprend pas à être artiste. En fait, les Beaux-Arts sont assez difficiles : il faut prouver que ce que l’on fait a une importance primordiale pour soi. Créer un univers. Mon travail me permet de transformer ce qui m’entoure dans un langage qui m’est propre, grâce auquel je peux mettre en avant des impressions personnelles. J’ai beaucoup appris aussi au cours de mes séjours linguistiques à l’étranger, à travers les visites de musées, à Londres, à Berlin.

VM – Que représente pour vous cette exposition ?

NH – Elle est très importante car elle donne à mon travail une première visibilité sur la scène artistique institutionnelle. De par le prestige et l’exigence du curateur Giovanni Carmine, elle est une exposition à part entière, bien au-delà d’une présentation de travaux d’élèves. Cela se voit à travers les retours et les critiques que nous avons eus. C’est un véritable tremplin.

VM - Qu’allez-vous faire maintenant ?

NH - Je cherche un appartement, et un atelier ! Plus sérieusement, j’ai travaillé cet été à la Dokumenta de Kassel comme assistante de l’artiste Pedro Reyes pour un des projets présentés. Ça a été une expérience très importante pour moi. J’ai besoin d’englober dans ma démarche artistique le dialogue entre les artistes. Il arrive que je trouve le background de l’artiste plus important que l’exposition de son travail. Ces échanges me nourrissent et me stimulent. C’est un luxe de pouvoir parler, partager, sur n’importe quel thème, dans un lieu et un moment donné ; pour moi c’est historique. Autrement, je travaille à l’organisation d’expositions collectives, je recherche des lieux.

Quand bien même Nelly Haliti montre une prédileciton pour la peinture, elle expérimente également d’autres champs d’expression, comme l’installation, la performance ou encore la photographie. C’est dire qu’elle se présente souvent là où on ne l’attend pas ! Gageons qu’on ne tardera pas à la retrouver rapidement sur la scène artisitique contemporaine.

L’exposition est ouverte jusqu’au 27 octobre 2012 Mercredi – samedi, 14 – 19 h LiveInYourHead Institut curatorial de la Head – Genève Rue du Beulet 4, 1203 Genève

www.hesge.ch/head

www.nellyhaliti.com

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