La Grenette dans la résistance

jeudi 7 avril 2011, par Eric Felley

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Depuis peu, le Grand Café de la Grenette propose le mardi soir des rencontres de lecture autour du thème de la « résistance ». C’est l’occasion de soumettre son organisateur Boris Michel à l’interview. Qu’entend-il par résistance aujourd’hui ? Contre qui ? Contre quoi ?

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René-Paul Udry et Mathieu Bessero ont déjà passé l’exercice à la Grenette avec des textes de Maurice Chappaz. DR

Contre quoi faut-il résister aujourd’hui en priorité ?

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Mais de façon générale et pour parler de ce qui, personnellement, me fait peur, je mentionnerais surtout la montée en puissance d’une certaine conception du monde et des rapports sociaux de la droite dite décomplexée. On en est aujourd’hui au point de devoir rappeler sans cesse que l’article premier de la déclaration des droits de l’homme est bien que tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit.

La résistance doit-elle prendre la forme d’une révolte collective ou d’une sécession individuelle ?

L’idée de résistance contient évidemment une idée de lutte mais pas celle de révolution. Elle ne parle pas d’un renversement des choses mais plutôt de la perpétuation de certaines autres. En organisant ces soirées lecture, je n’appelle pas à la rébellion, à renverser une autorité en place, mais bien à rester vigilant face à la perte de sens, dans le discours public actuel, des valeurs qu’on a voulues universelles à la sortie de la barbarie de la deuxième guerre mondiale. Dans cette optique, la résistance ne peut être qu’un choix personnel, un engagement individuel et constant.

Quelles sont les « figures » qui incarnent pour vous la résistance aujourd’hui ?

Ta mère et Jean-Henri Dumont. Autrement, je vois pas…

A l’instar des printemps arabes, quelles formes pourrait prendre un « printemps suisse » ou « valaisan » ?

La situation n’est évidement pas la même chez nous et dans le monde arabe. Les peuples qui revendiquent leur liberté en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont sous le joug de la tyrannie. En Valais et en Suisse, rien de tel encore. Il n’y a pour l’instant aucune raison valable de renverser par la force un système majoritairement admis. Et pour un renouveau de la pensée occidentale vers une vision à la fois moins égocentrique et ethnocentrique des rapports mondiaux et plus altruiste et solidaire pour ce qui concerne les liens sociaux c’est pas pour demain au train où vont les choses. On ne peut, pour l’instant, qu’essayer de résister un peu.

Pour chaque soirée, carte blanche est laissée à un acteur pour le choix d’un texte traitant du sujet et son accompagnement. Les prochaines dates :
  • 12 avril, Roland Vouilloz
  • 19 avril, Olivia Seigne
  • 10 mai, Jean-Bernard Gillioz
  • 17 mai, Pierre-Isaïe Duc
  • 24 mai, Frédéric et Sophie Mudry Entrée libre. Dès 20 h 30.

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