Quand Jean-Claude pond…

mardi 7 septembre 2010, par Eric Felley

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Le philosophe mathématicien valaisan publie un recueil de jeux de mots des plus subtils aux plus bêtes.

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« Mots de Je, ou Poison d’Avril » par Jean-Claude Pont.

Voilà un livre qui commence par un avant-propos qui doit « sauver la face » de son auteur… En français, « mots » et « maux » sont faux frères en littérature. Durant une vingtaine d’années, Jean-Claude Pont a noté patiemment des jeux de mots, des formules, assonances, homonymies, incongruités phoniques et autres truculences parlées de la langue française. En ce sens, c’est un fidèle animateur de nos joutes verbales, où tout un chacun tiraille l’esprit avec plus ou moins de réussite autour d’une bonne table.

Pour nous mettre l’eau à la bouche, et pas que de l’eau, arrêtons-nous à la rubrique « Anniviers », pour illustrer des citations pontiennes : « Les gens de là-haut refusent l’heure des thés » ou « Dans cette vallée, on rêve de flacons de neige ». Il est vrai qu’à l’heure des apéritifs, les langues se délient facilement pour jongler avec des mots-cacahuètes comme des bulles de savon ou des enclumes du bon vieux temps : « Leur mésentente était prévisible. Elle était pointue et lui toujours rond. » Sur le nombre de bons mots et pensées répertoriés (2000…), on n’échappe pas aux lourdeurs du genre, qui font les plaisanteries les plus courtes et les meilleures : « Quand elle me prend la jambe, c’est le pied », « L’homosexualité féminine, c’est de la confusion » etc…

Jean-Claude Pont, mathématicien, philosophe, historien, guide de montagne et fondateur de Sierre-Zinal ou du Chemin des Planètes, nous livre ici une face inattendue de sa personnalité brillante et protéiforme. Mais comme il le dit si bien : « A la fin du Titanic, on jouait sur un piano aqueux », et le risque de se noyer dans ces jeux de mots est bien réel. Faisons toutefois confiance à l’auteur qui dit « J’aime le sérieux dont je suis capable pour qu’on ne me prenne pas au sérieux. » Dans ce sens, c’est un livre réussi, que l’on peut placer dans sa bibliothèque intime les jours de grands vents et d’aérophagie cérébrale. Un livre à picorer, à savourer, à s’énerver, à reposer jusqu’à ce qu’on ait l’impression d’en avoir fait le tour. Et de se rappeler avec l’auteur : « Le souffle du contexte colore les choses ».

Eric Felley

« Mots de Je, ou Poison d’Avril » par Jean-Claude Pont. Editions du Tricorne. Genève. 2010.

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