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Le journal culturel valaisan

1’200’000 francs : en avant la musique

mardi 26 janvier 2010, par Marie Parvex

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MusiquePro est né. A l’image de ce que l’État fait pour le théâtre valaisan, le nouveau dispositif de subventionnement de la musique professionnelle sera doté de 300’000 francs par année pendant quatre ans.

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A la différence de ce qui se fait pour ThéâtrePro, le fonds ne sera doté que d’argent étatique. Aucune participation de la Loterie romande n’est prévue. Un choix qui paraît à première vue judicieux.

Les musiciens peuvent ainsi recevoir des subventions des deux organismes. Pour les comédiens, le fait ne pas pouvoir solliciter la Loterie est souvent un problème à l’heure de boucler les budgets. « Nous avons fait ce choix pour permettre une certaine flexibilité nécessaire pour les projets musicaux », explique Jacques Cordonier, chef du service de la culture. Les montants alloués par projet musical sont donc moins importants que pour le théâtre, puisque le fonds à disposition est deux fois moins conséquent. « Le théâtre est un art qui demande de gros budgets pour aboutir une mise en scène », ajoute Monsieur Culture. Un projet d’une compagnie confirmée peut ainsi recevoir jusqu’à 140’000 francs.

Pour Xavier Moillen, musicien et membre du conseil de la culture, cette décision résulte plutôt des leçons tirées des écueils rencontrés par ThéâtrePro. « C’est une bonne chose que de pouvoir aussi solliciter d’autres organismes de subventionnement pour un projet », ajoute-t-il. Notons encore que si l’enveloppe ThéâtrePro est dotée de 200’000 francs du canton et de 400’000 francs de la Loterie, MusiquePro reçoit 300’000 francs de l’État pour quatre ans, soit 1’200’000 francs.

Un dispositif flexible

Un musicien professionnel pourra désormais solliciter divers modes de soutien. Une bourse allouée pour trois ans à hauteur de 15’000 francs par année ou 30’000 francs pour un groupe. Ce premier dispositif doit aider les artistes qui visent un public national et international.

Une bourse à la composition, soit 10’000 francs pour une année. Cet argent devrait permettre aux compositeurs de dégager du temps pour leur travail.

Les « masterclass » consistent à accueillir un artiste de musique actuelle travaillant à l’extérieur du canton. Dotée au maximum de 15’000 francs ces projets devraient favoriser les échanges et dynamiser la création.

MusiquePro aidera aussi les collaborations entre professionnels et amateurs et le parrainage d’un artiste en devenir par un professionnel confirmé. Aux yeux de Xavier Moillen, l’adéquation des montants prévus devront être jugés dans la pratique.

Autre difficulté rencontrée par les bénéficiaires de ThéâtrePro : l’obligation de signer un partenariat de production avec un théâtre labellisé par l’État. Ce procédé n’existera pas pour les musiciens, à l’exception des « masterclass » qui ne pourront être soutenues que si elles sont organisées dans un lieu reconnu. Là encore, pas question pour le chef de service de critiquer le dispositif prévu pour le théâtre. La seule concession qu’il fait, alors que le bilan de ThéâtrePro est enfin disponible sur internet : « il faudra réorienter la répartition des subventions pour renforcer le soutien aux compagnies valaisannes, implantées dans le canton depuis longtemps ».

Côté musique, Jacques Cordonier affirme que le Valais est un terreau très fertile où la pratique amateur est vivante. Cette analyse est confirmée par Xavier Moillen qui voit le Valais comme un canton très créatif musicalement comparativement au reste de la Suisse romande. Point à rougir des cités donc. Restait à se doter de moyens pour faire percer les talents qui poussent dans nos montagnes.

Les premières candidatures peuvent être déposées jusqu’au 15 avril. Prochaine évaluation du dispositif dans quatre ans. D’ici-là, l’État entend créer un soutien pour les arts visuels et participer à un fonds romand de subventionnement du cinéma.

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