Attention, chanteur francophone en Valais !

mardi 16 mars 2010, par Cécile Gavlak

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Alors que Monthey bat au rythme du Festival de la Francophonie, le chanteur Olivier Mottet, qui vit à Vouvry, a reçu le prix « Découverte » des Radios francophones publiques, sans être programmé au festival montheysan. Rencontre.

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Olivier Mottet. Crédit Photo:Véronique Hauser.

l a commencé la guitare à 12 ans, aux côtés de Pascal Rinaldi. Il se compare à ce dernier, à Marc Aymon ou K. Olivier Mottet a d’ailleurs composé le morceau « Les chanteurs romands », qui introduit souvent ses concerts. Dans ce morceau, il attaque les chanteurs de Suisse romande avec une certaine ironie amicale, les qualifiant de « trop cul-cul » ou « bobo et intello », et se blâmant lui-même de « chanter comme un gland ». Olivier Mottet manie la moquerie, mais gentille.

Il fait partie du grand paysage de la chanson francophone, peuplé d’artistes féminins et masculins qui semblent tous raconter la même chose, mais avec des mots plus ou moins différents. « Aujourd’hui de jeunes talents sont à la hauteur des grands poètes » lance Olivier Mottet. « Mais ils ne sont pas visibles. » Par grands poètes, entendre Renaud, Brassens et autre Brel. Au milieu du foisonnement actuel, Olivier Mottet se sent bien. « J’aime la chanson francophone. Nous abordons tous les mêmes thèmes, avec des manières différentes d’écrire. C’est varié. Je pense que c’est dû à la complexité de la langue française et à sa poésie. » Le jeune chanteur semble comme un dénicheur de jeunes talents puisqu’il assiste régulièrement aux concerts des autres. Parmi ses coups de cœur : Pascal Rinaldi, Aliose et Et Ceatera.

Il dit « Wii »

Olivier Mottet a sorti « La source » en 2009, son premier album. Mais ce n’est que récemment qu’il s’est fait remarquer par les Radios francophones publiques avec « La Wii » qui lui vaut le prix « Découverte francophone », opération renouvelée tous les deux mois. L’auteur présente ce morceau avec une pointe de cynisme : « Je l’ai écrit un dimanche matin, je m’en souviens très bien. Je voulais faire un tube commercial, et ça a marché. Les accords de « La Wii » sont très simples et la mélodie se retient facilement, donc ça fonctionne. »

Pour Olivier Mottet c’est un coup d’éclat pour une chanson qu’il ne considère pas comme sa meilleure. Qu’importe, grâce à ce prix il gagne le droit d’être diffusé pendant deux mois, sur les radios publiques du Canada, de France, de Belgique et de Suisse. Un arbre qui cache une forêt de compositions et qui lui permettra sûrement de décrocher des dates de concerts, grâce à deux maîtres mots : visibilité et crédibilité. Et que raconte « La Wii » ? Pour ceux qui ne l’auraient pas entendue sur les ondes : « On a tout, trop de tout / Tout ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas / Ce qu’on aimerait, on l’a déjà / On claque des doigts et le voilà / Mais on manque de l’essentiel / Tournés vers nous, pas vers le ciel. » Voilà ce que dit le refrain, au milieu de mots qui parlent d’un monde virtuel, d’opulence consumériste et d’omniprésence de l’argent. Accords de guitare et chœurs à l’appui.

Ses concerts, Olivier Mottet les conduit souvent seul. Il ne le cache pas, la demande des salles de spectacle va dans ce sens, « pour des raisons de cachet… » Seul avec sa guitare, il apprécie la proximité qui s’instaure avec le public. A côté, Olivier Mottet est éducateur spécialisé en psychiatrique. Mais ces deux mondes sont indépendants. « Je fais attention de séparer les deux choses » explique-t-il. « Je souhaite conserver mon travail qui me permet de garder les pieds sur terre. » Au rayon des inspirations, il évoque Gérard Manset et Damien Saez. A la fois sombre et joyeux, Olivier Mottet assume ses deux facettes.

Concerts les 28 avril, à Genève, et 30 avril à Mutrux (VD). Plus d’infos : www.myspace.com/oliviermottet

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