Charlotte parfois, y croyez-vous ?

lundi 10 mai 2010, par Cécile Gavlak

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Le groupe valaisan sort son troisième opus intitulé « Komödie ». L’album a été enregistré au Studio Albertine, à Conthey, et un nouveau clip est à découvrir.

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Charlotte parfois
Tout le graphisme de la pochette de l’album a été réalisé par Anne Brunner. DR

Les premières phrases des premières chansons sont expressives : « Merde à la chanson française » ou encore « Aux sports d’hiver tous les enfants sont des pingouins ». Charlotte parfois vient de se produire à la D’Zine à Fully mais le vernissage officiel du troisième album, intitulé « Komödie », se fera demain, mardi, en ouverture des Francomanias à Bulle.

Engagés. C’est le terme qui relie les 12 pistes de l’opus. Les Charlotte parfois s’affichent contre. Contre une certaine chanson française qualifiée de « Gouaille en charentaises », contre le béton qui « scelle les hommes / Et les sépare en même temps » et contre l’idée de « faire sa vie tout comme il faut ». Dans ce panel de messages, des chansons drôles ou sensibles se sont immiscées. Le morceau « Mon courrier électronique » ironise sur internet et son monde virtuel. Internet, où « J’ai beaucoup d’amis aujourd’hui / Dans mon courrier électronique / Quelques amis de Paris / Et quelques-uns de Californie ». Sons électro aux tons hip hop accompagnent ces mots dans une ambiance presque de science fiction.

Un tube, un clip

Avec « Y croyez-vous ? », qu’on peut qualifier de tube, le groupe interroge son public sur le sens de la vie. Rien que ça. « Quand on nous dit que la vie est belle / Qu’elle sera un jour éternelle / Que l’humanité est en progrès / Sincèrement y croyez-vous ? » Constat des Charlotte parfois : « Mais l’on s’accroche, comme tout le monde / On s’accroche ! » Et des sons angéliques d’orgue répondent aux plaintes désespérées du chanteur. Pour soutenir ce morceau phare, le disque contient un clip. Cela tombe bien car les cinq musiciens ont habitué leurs fans à des vidéos de qualité où des images choisies défilent en rythme sur leurs morceaux. Réalisé par Régine Boichat, celui-ci montre Patrick Fellay, Olivier Grandjean, Martial Germanier, Nicolas Bourban et Xavier Moillen qui se produisent en concert dans une atmosphère glaciale et aseptisée. Des images fortes se succèdent comme celle d’un mannequin féminin en plastique qu’on tente de reproduire en déversant à ses pieds l’eau d’un arrosoir, ou un poulet mort et déplumé tiré en laisse par une femme. C’est un étrange point de vue de notre société que revendique le groupe. Drôles les Charlotte parfois, mais pas seulement.

Poétiques et comiques comme dans « Sévère vino » qui évoque les lendemains de soirées trop alcoolisées. « Y a des requins-marteaux qui dansent dans ma tête / J’ai des bouts de cerveau qui frappent à ma fenêtre » chante Patrick Fellay avec une interprétation de circonstance, spécialement nonchalante.

Ceux qui croyaient déjà à l’univers décalé de Charlotte parfois devraient être satisfaits par cette « Komödie » à dominante francophone. Une surprise : la reprise d’un morceau en suisse allemand du défunt chansonnier bernois Mani Matter, qui s’éteignit au début des années septante. Cette chanson surprenante conclut le disque, comme pour justifier le titre en allemand.

Infos : www.charlotteparfois.ch

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