Interview

Gazon Rouge

lundi 15 mars 2010, par Patch

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JPEG Interview de Jeanne Dirren, chanteuse de Gazon Rouge.
Propos recueillis par Patch

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Ce n’est pas sur une pelouse verte que Jeanne répond à mes questions mais bien sur du Gazon Rouge. Rencontre avec la « Demoiselle Panique » !

Pelouse Verte ou Gazon Rouge ?

Gazon Rouge… J’ai longuement réfléchi afin de trouver quelque chose de sensé à répondre à cette question. J’ai envisagé l’écologie, le communisme, le féminisme… Autant de causes auxquelles je ne souhaite pas particulièrement m’affilier. Et puis, au diable le tape à l’œil. La réponse, la vraie, c’est que lorsqu’il a fallu trouver un nom, nous étions pressés, il en fallait un puisque nous avions participé à une compilation pour l’association Unipartage et qu’il fallait bien affilier notre chanson à un nom. Dans l’urgence, j’ai activé mon entourage. Ma sœur, le nez dans le journal, à levé les yeux. Elle était entrain de lire un article sur Pipilotti Rist qui avait réalisé une « performance » à St-Gall, elle avait recouvert un quartier entier de gazon rouge. Ma sœur m’a proposé ce nom et… Voilà. Merci à Pipilotti.

Le mélange des styles…

Ça a toujours été difficile de nous définir. La diversité des membres du groupe reflète bien la diversité de notre musique. Dans un sens large, on nous affilie volontiers à la chanson française. Mais les goûts et les couleurs s’entrechoquent au sein du groupe… On a des aficionados du rock, des fous d’électro, de funk, de jazz ou même de guinguette. Je crois que nous avons laissé place aux désirs de chacun dans nos chansons. On aime avoir des couleurs différentes dans notre musique, mais tout en souhaitant garder une certaine forme de signature qui nous corresponde.

Il ne s’agit pas seulement de musique. Nous avons fait beaucoup de théâtre, Clotilde (accordéoniste) et moi. On apprécie aussi laisser place à la mise en scène, axer aussi sur le visuel. Ce que nous sommes en train de développer… Sans que les concerts deviennent des comédies musicales ! C’est aussi pour ça que nous avons un « habillement » particulier sur scène, afin d’avoir une harmonie visuelle.

Le local c’est du sérieux, enfin…

C’est très variable… Ça dépend des projets en cours. Puisque nous sommes en train de réaliser un CD, les dernières répètes n’étaient pas vouées à la rigolade. On a travaillé dur pour entrer en studio. En période de composition et sans stress particulier, nous prenons le temps de boire une bière, ou deux et de faire les sacs. Mais en général, les répètes ont lieu un soir de la semaine et comme nous travaillons tous, on essaie d’être efficaces. On se rattrape lorsqu’on fait des scènes. En général, nous profitons de faire marcher les bars des endroits où on nous programme. Notre local se situe à Chermignon. On a la chance d’avoir un local relativement spacieux, un « coin salon » qui nous permet de nous réunir. Sinon, la répétition type reste néanmoins assez studieuse. On arrive, on travaille ce qu’on a à travailler et on décolle. Toujours dans une ambiance super agréable et chaleureuse, mais en tentant d’être productifs.

Une création commune !

Pour la majorité des chansons, j’arrive à la répétition avec un texte et quelques accords de guitare. Mais les résultats finaux n’ont souvent plus rien en commun avec l’idée de départ. On essaie de développer toutes les idées, on part parfois un peu dans tous les sens. C’est souvent riche et porteur mais ça peut aussi devenir un vaste n’importe quoi somme toute assez marrant. Au moins, on n’est jamais à court d’idées. Une autre option, c’est que quelqu’un ait composé une musique qu’on travaille en commun et pour laquelle j’écris un texte. Clotilde a récemment écrit et mis en musique une chanson qui sera sur l’album à venir. Bref, c’est du travail d’équipe ! Tout le monde à son mot à dire. C’est ce qui fait notre diversité et notre richesse. On a la chance de pouvoir se dire les choses et de bien le prendre presque tout le temps !

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Gazon Rouge

La scène oui, mais pas trop imposante !

On a eu l’occasion de se produire dans des endroits tellement différents, dans des ambiances toutes si variables… Et j’ai vraiment le sentiment que toute expérience est bonne à prendre. Si, j’ai quand même le souvenir d’une fois où ce fut moins facile. Nous étions programmés le même soir que Thierry Romanens et K à Lens. Fiers comme des paons de partager la scène avec ces grands noms. Manque de chance, notre set était programmé en même temps que le souper de la soirée. Nous avions donc une sono incroyable, une immense salle et une foule compacte de trois personnes devant la scène. Nous n’avions jamais fait une répétition avec du si bon matériel. Les moments difficiles sont aussi ceux ou le son n’est pas optimal. Ça arrive souvent de ne pas s’entendre ou de ne pas entendre les autres et là, ça devient carrément sport.

On a toujours un énorme plaisir à se produire. Notre musique plaît à des gens d’horizons très différents, de 7 à 77 ans, ce qui facilite beaucoup les choses, en général. Nous avons été invités dans des festivals punk comme dans des repas de soutiens pour gens de bonne famille. L’ambiance est enrichissante partout. C’est agréable de jouer devant de jeunes déjantés sautant dans tous les sens et vraiment chouette aussi d’avoir un public immobile et très attentif aux faits et gestes de chacun… Quant aux scènes sur lesquelles nous souhaitons nous produire… Je peux parler pour moi, je n’ai pas beaucoup d’intérêt pour les grandes scènes. J’aime entretenir une ambiance cabaret ou théâtrale à laquelle se prête bien les petites salles intimistes. La pierre de taille m’inspire. Un caveau en pierres taillées fait mon bonheur !

L’arrivée de « Demoiselle Panique »

Nous sommes actuellement entrain de recevoir au compte-gouttes les mix de notre album « Demoiselle Panique » que nous vernirons aux Caves du Manoir le 20 mars. On a travaillé d’arrache-pied et on est tous contents de le voir enfin arriver ! Pour la suite, on a envie d’utiliser l’album pour sortir un peu du Valais, ce qu’on a fait encore trop rarement jusqu’à maintenant. On a prévu de consacrer l’été prochain aux concerts, on part donc en chasse de la date ! Ça nous manque beaucoup puisque nous avons passé presque une année sans sortir de notre grotte chermignonarde… Il y avait du boulot !

Juste un énorme merci à tous les gens qui nous permettent de vivre cette aventure, des gens comme toi, mais aussi tous les loulous qui se décarcassent pour mettre en place des festivals, des concerts… Pour leur accueil et leur travail, Merci !

A propos du groupe :

L’histoire de Gazon Rouge débute en 2006. Une rencontre au bord de l’eau, inopinée. Une envie de rigoler en musique qui se transformera en une furieuse envie de rendre ça un tantinet plus sérieux. Il y a eu des changements, du remue-ménage. Mais ils ont toujours su le gérer, le ménage.

Aujourd’hui, un accordéon, une guitare, un piano, une basse, une batterie et du chant dans un style cabaret. De la musique aux tonalités jazzy, mais aussi rock ou électro, au gré de leurs envies. Le tout sur une mise en scène théâtrale, qui accorde la part belle au visuel.

En 2007, ils ont enregistré une démo de 4 titres, « A qui de droit ». Aujourd’hui, le fruit d’une quarantaine de concerts et de leurs bousculades pleines de rires, de larmes et de larmes de rire voit le jour. « Demoiselle Panique » enregistré par des professionnels valaisans au studio Roystone à Charrat, aura fait suer Gazon Rouge. Avec bonheur.

Didier Mittaz : Guitare
Clotilde Germann : Accordéon
Tino Barras : Clavier
Pierrer-Alain Steiner : Batterie
Yann Emery : Basse
Jeanne Dirren : Voix

Texte de Corine. Article originale : PatchOmag

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