Kyasma, un trio pas si mégalo

samedi 13 octobre 2012, par Camille Roduit

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Le trio valaisan Kyasma a verni son album « Symphony for Technology » par deux fois la semaine dernière. La première, mercredi 10 octobre au Crochetan de Monthey, a fait salle comble. La deuxième, vendredi 12 octobre au théâtre de Beausobre de Morges, a eu lieu devant une salle moins garnie, mais tout aussi comblée.

Depuis quelques semaines, on n’entend parler que d’eux. Affiches publicitaires, articles de presse, flyers, interviews… Melchior Ebener, Jonathan De Castro et Djamel Cencio sont partout. Et pour cause : les trois compères, à peine sortis de l’ombre, nous promettent déjà la lune. On leur a reproché d’être mégalos, mais le vernissage de vendredi dernier n’a fait que le prouver : Kyasma a de quoi l’être…

Une technologie quasi-futuriste, une scène ahurissante, des instruments qui dépassent l’entendement, des jeux de lumière époustouflants, un décor démentiel et une technique musicale plus que parfaite… Kyasma n’a rien laissé au hasard pour ces deux vernissages. La technique, la précision et la rigueur sont pour lui des éléments fondamentaux en musique, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la sienne ne se limite pas à ça…

Car derrière le masque très froid de la technologie se cache la véritable force du groupe : une sensibilité à fleur de peau, parfaitement véhiculée par le mélange du piano, de la voix et de l’orchestre. En assemblant un son électronique très actuel à une musique classique grandiose et bouleversante, Kyasma a vu juste : il embarque son public dans un tourbillon d’émotions décuplées par des effets techniques parfaitement calculés. Un monde qui explore la dualité entre passion et raison avec intelligence et brio.

Musicalement parlant, les chansons de Kyasma sont toutes très convaincantes. Djamel, Melchior et Jonathan proposent effectivement des univers très variés (du classique au hard métal en passant par des sonorités orientales) tout en conservant une unité surprenante. Le concert du vernissage proposait une playlist savamment travaillée, sans longueurs, rythmée et allant de surprises en surprises.

Il faut dire que le trio sait s’entourer : pour l’enregistrement de son album, il a bénéficié des services de James Hallewell, un arrangeur londonnien qui lui a permis de s’offrir l’orchestre philharmonique de Prague. Pour les vernissages, c’est l’ensemble Appassionato de Sion (sous la direction de Stefan Ruha) qui s’est chargé de la partition classique, perché sur un échafaudage au fond de la scène. Enfin, le groupe ne serait rien sans le travail acharné de professionnels du son comme le producteur John Cornfield (connu pour avoir réalisé les deux premiers albums de Muse) ou le manager Raphael Mailler (qui travaille également avec Yann Lambiel).

Bien sûr, on peut reprocher à Kyasma son manque d’originalité quant aux thèmes abordés ou au concept même du projet, son jeu de scène encore timide ou, au contraire, son énorme culot, mais ça serait pinailler sur des détails qui ont finalement peu d’intérêt en regard de la qualité exceptionnelle et de la cohérence du spectacle que le groupe propose. Et pour clouer le bec aux plus sceptiques, l’album « Symphony for Technology » démontre aisément que même sans les supports visuels et techniques dont il s’entoure sur scène, Kyasma est toujours aussi magistral.

http://www.youtube.com/watch?v=AJZ9…

www.kyasma.ch

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