Opéra

La Traviata dans les rues de New-York

jeudi 17 mars 2011, par Emmanuelle Es-Borrat

Enregistrer au format PDF

Après le succès de Carmen il y a trois ans, l’Opéra du Rhône se plonge dans une nouvelle grande oeuvre du répertoire. Dès dimanche à Saint-Maurice, l’intrigue de La Traviata de Verdi aura pour cadre la Grosse Pomme, dans une mise en scène résolument contemporaine signée Florian Schmocker.

Un loft à New-York. Alfredo, fils de bonne famille, y fait la connaissance de Violetta, jeune femme courtisée et adulée. C’est le coup de foudre. Et le début d’une tragique histoire comme les grandes oeuvres savent si bien les conter. Ce récit-là n’est pas d’hier. Inspiré de de La Dame au Camélias d’Alexandre Dumas fils, La Traviata est un opéra créé par Giuseppe Verdi en 1853 à Venise. Dès dimanche, l’oeuvre campera ses personnages et ses notes à Saint-Maurice. Après le succès rencontré par Carmen en 2008, l’Opéra du Rhône reprend possession du Théâtre du Martolet. Le chef Jean-François Monot assure la direction musicale, tandis que le Valaisan Florian Schmocker signe la mise en scène.

JPEG - 137.5 ko
Florian Schmocker, metteur en scène de La Traviata. Schafer/Studer

Florian Schmocker, quel est l’état d’esprit de la troupe à quelques jours de la première ? Excellent ! Il faut dire que les cinquante choristes répètent déjà depuis le mois de septembre. Ils sont prêts. Les solistes professionnels sont des habitués de la scène. Ayant oeuvré de nombreuses années à l’Opéra d’Angers, notre chef maîtrise pour sa part très bien la fosse d’orchestre.

Ancrer La Traviata dans le monde contemporain, c’était un choix dès le départ pour vous ? Une histoire d’amour est intemporelle. Cette oeuvre a tellement été vue dans le décor et les accessoires cossus du XIXe siècle que ce parti-pris permet de la rafraîchir. Mais notre objectif reste de guider le spectateur afin qu’il comprenne l’intrigue. La modernité réside dans le fait qu’elle soit installée à New-York, à proximité des cabarets de Broadway. Cependant, nous sommes avant toute chose restés proches de la musique.

En faisant recours à des professionnels, mais pas seulement ? C’est exact. Notre démarche a également une vocation pédagogique. Les musiciens de l’orchestre appartiennent par exemple aux Hautes Ecoles de Musique de Sion et de Lausanne. Pour eux, une expérience comme celle-là est rare. Ils n’ont pas souvent l’occasion de se frotter à un opéra. Les solistes secondaires ont été choisis parmi des amateurs de très bon niveau. Enfin, une cinquantaine de choristes de la région bas-valaisanne et chablaisienne sont venus apporter leur concours au spectacle.

Carmen en 2008. La Traviata dès dimanche. Pourquoi avoir proposé cet opéra en particulier ? C’est une oeuvre que je connais très bien. Le chef Jean-François Monot y est aussi particulièrement attaché et l’a dirigée à plusieurs reprises. La Traviata appartient à ces classiques qui font partie de la mémoire collective. A ces airs que l’on fredonne parfois sans même savoir d’où ils viennent. C’est une pièce populaire, au sens noble du terme. C’est important de faire vivre les chefs-d’oeuvre.

La Traviata de Verdi par l’Opéra du Rhône Les 20 et 27 mars à 17h, les 22 et 25 mars à 20h au Théâtre du Martolet de Saint-Maurice. Réservations sur www.operatraviata.ch, à l’office du tourisme de Saint-Maurice ou chez Manor Monthey.

Répondre à cet article