MusiquePro

Marc Aymon à la conquête de l’Hexagone

vendredi 27 août 2010, par Marie Parvex

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Connu et reconnu en Suisse romande, Marc Aymon est le lauréat de l’une des bourses de soutien à la musique distribuée par l’Etat du Valais. Nous l’avons rencontré pour savoir à quoi ces montants, inaugurés cette année, peuvent être utilisés.

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Il aura fallu dix ans à Marc Aymon pour percer en Suisse. Il estime qu’il en faudra autant pour faire sa place en France. Crédit photo : David Prêtre, STRATES.

Le Valais inaugure son programme de soutien à la musique en distribuant les cinq premières bourses MusiquePro. Béatrice Berrut, pianiste, Marc Aymon, chanteur, Eliane Amherd, chanteuse et guitariste reçoivent un soutien de 15’000 francs par année pendant 3 ans. Yannick Barman et Thierry Epiney ont eux reçu une aide à la composition de 10’000 francs chacun. Nous avons voulu savoir comment un chanteur déjà reconnu comme Marc Aymon allait pouvoir utiliser ces 45’000 francs et ce qu’il pensait de ce système de bourse.

Marc Aymon, à quoi va vous servir cet argent ?

J’ai fait ma demande à MusiquePro en mettant l’accent sur ma volonté de conquérir le territoire français. C’est une percée très très difficile à réaliser. Pour pouvoir jouer au début il faut pratiquement payer. Personne ne veut prendre de risque. Il y a dix-huit mois, j’avais trouvé un éditeur en France mais il ne trouve pas de distributeur. Les gens ont d’abord besoin de te voir pour ensuite te distribuer.

Vous êtes bien connu du public romand et vous avez beaucoup de dates de concert. Est-ce que vraiment c’est nécessaire pour vous de travailler en France ?

Oui. C’est vrai, en Suisse j’ai 80 dates par année mais c’est important pour moi de chanter 300 jours par année parce que c’est un bonheur de vie. Ce que je vis est déjà énorme et cela me permet de survivre. Mais je donne aussi des cours pour mettre ce qu’il faut de côté pour réaliser le prochain disque.

Pour conquérir la France, 15’000 francs par année pendant trois ans, est-ce que c’est significatif ?

Tout est bon à prendre. Ce sera déjà un élan qui s’ajoutera de toute façon à ce que je vais investir moi-même dans ce projet.

Est-ce que cela aurait été mieux de recevoir 45’000 francs en une seule fois ?

Cela aurait été différent. Mais là je trouve que c’est bien parce que je dois m’organiser à long terme et que cela évite de tout dépenser d’un seul coup.

Combien de temps est-ce que vous pensez qu’il vous faudra pour percer dans l’Hexagone ?

Il a fallu dix ans pour que j’y arrive en Suisse. Il en faudra sans doute autant en France.

Est-ce que ces bourses musicales nouvellement instaurée par l’Etat du Valais sont une bonne chose d’après vous ?

Oui, c’est super bien. Ça permet d’envisager des projets à long terme et cela va m’aider à tous les niveaux. C’est aussi une reconnaissance du combat que je mène depuis dix ans pour réussir dans la musique. Je pense que je la mérite, tout en sachant qu’il y’a beaucoup d’autres personnes qui pourraient la mériter aussi, et ça me donne envie de continuer la lutte.

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