Portrait

Marc Aymon, le charme d’une certaine fragilité

vendredi 19 novembre 2010, par Marie Parvex

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Le chanteur valaisan a rencontré Valais-mag lors d’une chaude soirée d’été. Il a évoqué sa carrière, ses rêves, ses doutes : très pro tout en étant extrêmement chaleureux. Un personnage dont l’ambiguïté fait tout le charme.

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Connu comme le loup blanc, Marc Aymon se fait aborder dans la rue. Il discute volontiers. Valais-mag.ch

Ambiguïté. C’est le mot qui surgit au terme de ma rencontre avec Marc Aymon, sur une terrasse de la vieille ville de Sion. Il a des traits doux et fins, une gestuelle fluide qui laissent deviner toute la féminité du personnage, presque androgyne. « Quand j’ai fait mon premier concert à 14 ans dans mon village d’Icogne, je n’avais pas encore mué et mes cheveux longs faisaient douter les gens. Fille ou garçon ? », .

Star, il propose des images professionnelles pour illustrer son portrait et se met à raconter sa vie chronologiquement avec force anecdotes plaisantes en parfait habitué de la presse. « Enfant, je ne trouvais pas ma place. Je voulais toujours être quelqu’un d’autre que moi. » Jusqu’au jour où il découvre la musique. « Soudain les filles de la classe se sont intéressées à moi. Quelque chose s’était enfin ouvert. » Une année après son premier concert, il est invité sur scène par Paul Mc Bonvin. Puis il crée un groupe avec des amis du village : Mistral. La formation se produit de 1996 à 2001 avant de s’arrêter pour divergence d’opinion. « Pour moi c’était un monde qui s’écroule… » En 2003, Dominique Savioz produit quelques titres pour lesquels Marc Aymon utilise son propre nom. « J’ai osé enfin me lancer en solo. » « L’Astronaute » sera son premier véritable album à lui paru en 2006. L’an dernier il a remis ça avec « Un amandier en hiver. »

Mais quand on lui fait remarquer que son récit est bien huilé et qu’il évite toute question, le masque vole en éclat. Marc Aymon devient si fragile qu’on craint de le briser. Il se livre soudain totalement, tellement que l’on fait soi-même le tri en écrivant ces lignes.

Marc Aymon est très professionnel. Cela n’enlève cependant pas la chaleur humaine, la possibilité de la rencontre. Et c’est tant mieux parce que le moment partagé est riche et sympathique. Sans ses qualités professionnelles, l’homme serait trop fragile face aux médias. Sans sa grande humanité et les doutes qui percent partout, l’artiste ne serait pas aussi aimable. Il est un équilibre délicat, un être de contrastes qui le rendent insaisissable. C’est tout le charme de Marc Aymon.

« Je ne veux pas passer à côté de ma vie, je ne veux pas être un salaud et encore moins m’endormir », affirme-t-il hyper-exigeant avec lui-même. Son avenir, il le décrit avec de la lumière plein les yeux : des enfants et un album chaque trois ans. Et surtout, il veut continuer de se sentir vivant !

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