Les Mondrians ont longtemps ressemblé au meilleur espoir du rock suisse. Les avoir vus en concert, c’est connaître la puissance de leur son, la précision de leurs riffs, l’intensité mélodique de leurs chansons.
Ces gamins-là ont enflammés les scènes underground de Londres et Paris. Malgré un buzz infernal autour des groupes post-Libertines, ils préfèrent attendre pour sortir leur premier album. A l’heure de confirmer, la logique les amène à se tourner vers l’immense Gordon Raphael, producteur des Strokes. L’attente est forcément à la mesure de l’ambition. Même bon, le résultat laisse pourtant sur sa faim.
Tous les ingrédients semblent réunis, les références mod sont convoquées, Stones et Kinks en tête. On reconnaît ici un riff des Brian Jonestown Massacre, là un accent du Velvet. Mais le groove ne prend pas vraiment, le son peine à décoller, la batterie reste mixée trop en retrait, et l’accent français du chanteur, plaqué sur des textes en anglais, plombe plusieurs titres. The Mondrians demeure un excellent groupe de pub, mais ses tubes en devenir n’ont pas encore trouvé un écrin qui leur rende justice.


