The Black Keys - El Camino

lundi 21 mai 2012, par Bastien Crettol

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The Black Keys - El Camino (Nonesuch Records)

Sans surprise, le duo américain poursuit le virage amorcé dès 2008 et l’arrivée de Danger Mouse aux manettes d’Attack & Release, qui voit le blues-rock cradingue des débuts se métamorphoser petit à petit en machine de guerre rock prête à affoler dancefloors et publicitaires. En 2010, Brothers avait crânement annoncé la couleur : il faudrait désormais compter avec le duo composé de Dan Auerbach (guitare, chant) et Patrick Carney (batterie). Et comme espéré, les Ohioains attaquent El Camino pied au plancher avec un Lonely boy pas piqué des hannetons, immédiatement suivi d’un Dead and gone sexy en diable, plein à ras bord de choeurs et de glockenspiel et qui aurait parfaitement eu sa place sur leur précédent album.

Malheureusement, on déchante dès le troisième morceau (God on the ceiling), son rock poussif sans inventivité et son riff de guitare entendu sur la moitié des albums de hard rock FM des années 80. Et les raisons de s’enthousiasmer se feront rares par la suite. Si Nova baby, petit tube irrésistible qui évoque avec succès le meilleur des Features période Exhibit A, et Little black submarines, qui commence comme une ballade à la White Stripes pour se terminer en un déluge de guitares saturées, sortent brillamment du lot, des titres tels que Money maker, Stop stop, Mind eraser ou Run right back sonnent comme autant de coquilles vides où résonnent mélodies quelconques et arrangements entendus et ré-entendus. Du Black Keys classique, mais sans âme. La méthode Danger Mouse aurait-elle atteint ses limites ?

On ne peut cependant nier que depuis trois albums le duo gagne en efficacité mélodique mais, à trop chercher l’immédiateté, les Black Keys semblent perdre leur identité. On se prend même parfois à craindre un destin à la Kings Of Leon, qui verrait leur musique s’étioler à mesure que les stades se rempliraient. Gageons toutefois que les Black Keys auront l’intelligence d’éviter le piège du succès à tout prix.

La vidéo de Lonely boy : guitares lourdes, choeurs féminins en veux-tu en voilà et l’oncle caché de Lando Calrissian en danseur fou.

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