The Shins - Port Of Morrow

mardi 15 mai 2012, par Bastien Crettol

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“You gotta hear this one song. It’ll change your life. I swear.” C’est par ces mots qu’en 2004, dans Garden State, Natalie Portman présente à un Zach Braff à la ramasse la ballade renversante New slang ; c’est avec ces mêmes mots que le monde découvre the Shins, qui ont pourtant déjà deux albums à leur actif. Grâce au succès du film, la notoriété du groupe prend l’ascenseur, les ventes crèvent le plafond et la cote de mélodiste de James Mercer s’envole.

Pourtant, s’il est indéniable qu’il s’affirme album après album comme un des meilleurs songwriters pop de ce début de siècle, les compositions suivantes de Mercer restent loin des moments de grâce de Oh, Inverted World (2001) ou des popsongs à tiroirs de Chutes Too Narrow (2003). Le succès aurait-il bridé son écriture ? On perçoit malgré tout sur Port Of Morrow une nette amélioration par rapport au décevant Wincing The Night Away (2007) et surtout à la parenthèse Broken Bells offerte à Mercer par l’omniprésent Danger Mouse.

Malgré un changement intégral de personnel qui voit notamment le talentueux Jonathan Swift rejoindre le groupe, on retrouve toutes les recettes qui on fait le succès des Shins : acrobaties vocales dans tous les sens (40 Mark Strasse, Port of morrow), ballades tire-larmes à gogo (September, For a fool, It’s only life) et popsongs plus énergiques pour réveiller l’auditeur (le très bon premier simple Simple song, No way down). Port Of Morrow est bien écrit, bien exécuté, bien propret sous tous rapports, mais il manque un petit quelque chose pour que l’on parvienne à s’enthousiasmer totalement pour ce quatrième album du groupe, un petit grain de sable qui rendrait humaine cette quasi-perfection mercerienne. Même la voix de James Mercer, plus juste et posée que jamais, peine à toujours emballer. St cela est dû au bonheur tranquille de sa nouvelle vie de famille, je suis prêt à aller enlever ses gosses pour qu’il retrouve un peu de fragilité.

La vidéo de Simple Song : un chanson jolie comme tout avec des belles mélodies dans tous les coins.

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2 Messages de forum

  • The Shins - Port Of Morrow 21 mai 2012 11:11, par La fille en rose

    Voilà qui donne envie de jeter une oreille au dernier ouvrage des Shins, d’autant plus que « Wincing the Night Away » m’a aussi déçue. Un manque d’harmonie rythmique entre le chant et la partie instrumentale. De l’expérimental peut-être (et c’était bien d’essayer), mais en ce qui me concerne, la sauce n’a pas pris.

    Le projet Broken Bells me semble au contraire plus proche de l’esprit originel des Shins (dans « Vaporize », ou encore « Float »). La collaboration entre Danger Mouse et James Mercer est équilibrée, d’un côté les arrangements de Brian Burton, particulièrement aériens sur cet album (mais certainement plus groovy que l’accompagnement habituel de James Mercer), et de l’autre, le lyrisme pop de James, dont on reconnaît sur tout l’album la retenue et le côté « propret ». Le tout donne un album bien agréable pour accompagner un réveil en douceur.

    Mais peut-être est-ce vraiment l’album à maudire, puisque James Mercer dit avoir tiré de cette collaboration plus d’assurance et l’envie d’expérimenter d’autres sons… Vivement le prochain album, en préparation !

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    • The Shins - Port Of Morrow 5 juin 2012 11:20, par Bastien Crettol

      Ouais, un commentaire, merci et bravo. Je suis parfaitement d’accord avec toi en ce qui concerne Wincing The Night Away, à l’exception notable d’Australia qui reste un titre plus qu’agréable. Phantom limb est par contre assez dégueulasse pour un premier single, mais malheureusement à l’image de l’album : très quelconque pour le talent de Mercer. A noter quand même la version alternative de Split needles sur la face B de Phantom limb, que je trouve bien plus intéressante que la version de l’album (http://www.youtube.com/watch?v=yN8l…).

      Quant à Broken Bells, ça s’annonçait pourtant bien avec The high road malgré un refrain un peu faiblard par rapport à la qualité mélodique du couplet. Surtout, on renouait avec les outros aériennes et pleines de choeurs qui m’avaient tant plu sur Chutes Too Narrow. De tête je dirais sur Saint Simon, mais il n’est sûrement pas seul dans ce cas. Ensuite, bonjour tristesse. D’accord pour les arrangements, c’est joli-gentil. Mais la production de Danger Mouse n’apporte absolument rien et aurait même tendance à faire tomber le tout à plat en retirant toute trace d’âme de l’album. C’est certes agréable à l’oreille, mais on oublie vite ce qu’on vient d’écouter. Ah, on est bien loin de Oh, Inverted World et Chutes Too Narrow.

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