Cinéma

And the winner is...

lundi 8 octobre 2012, par Nicole Mottet

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Le cameraman valaisan Camille Cottagnoud a reçu vendredi passé, dans le cadre du festival international du film francophone de Namur, en Belgique, le Bayard d’or de la meilleure caméra pour la photographie du documentaire « Hiver nomade » de Manuel Von Stürler. Dans la foulée, le film a également reçu le prix du public du documentaire. Valais-mag a interviewé Camille Cottagnoud à son retour de Belgique.

VM. Camille Cottagnoud, vous étiez à la remise des prix à Namur, vendredi passé. Comment cela s’est-il passé ?

CC. Le film a été super bien accueilli. On m’avait prévenu que j’aurais un prix pour la photographie, et qu’il fallait que je sois présent. Ce qu’on ne m’avait pas dit par contre, c’est que le film avait aussi reçu le prix du public. Comme j’étais la seule personne de l’équipe présente, avant de recevoir ma récompense, j’ai dû monter sur scène chercher l’autre prix ! Je ne m’étais pas du tout préparé à ça. J’étais surpris, j’ai bafouillé, plaisanté. Et quand j’y suis retourné pour recevoir le prix pour l’image, j’ai plaisanté à nouveau. Au final, je crois que le public a bien ri !

VM. Ce n’est pas la première fois que vous participez à un film qui est récompensé. Est-ce votre première récompense personnelle ?

CC. Oui, effectivement. Les prix pour la photographie sont généralement attribués aux films de fiction. C’est assez rare dans le documentaire. J’en suis d’autant plus touché.

VM. Parlez-nous un peu du film. Il y avait des centaines d’animaux, comment s’est passé le tournage ?

CC. Les animaux, c’est le décor ! Le réalisateur s’est attaché à suivre un couple de bergers, dans le Gros-de-Vaud, au plus près de leur réalité et de leurs difficultés. Leur petit monde, composé de trois ânes, quatre chiens et huit cents moutons, a parcouru six cents kilomètres. Nous avons passé soixante jours à tourner durant les quatre mois qu’a duré cette transhumance. Il a fallu s’adapter à leur rythme, à des conditions de vie auxquelles nous n’étions pas habitués. Et on a vu, au fil des jours et du parcours, comment le monde rural glissait peu à peu en mode urbain.

VM. Vous passez de la réception de prix dans un festival international à la captation de spectacles régionaux plus modestes. Filmer, c’est une vocation pour vous ?

CC Absoulument. J’ai eu un flash à l’âge de 13 ans. En une fraction de seconde. Je regardais la télévision. Une émission de Jacques Huwiler, un dimanche. Il y avait des caméras qui filmaient des caméras. Huwiler plaisantait avec les techniciens sur le plateau. Les caméras étaient posées sur des gros trépieds à roulettes. C’était fantastique ! J’ai été instantanément fasciné par l’appareil, l’outil, la caméra. C’est beau une caméra. Plus tard, ma mère, qui filmait beaucoup la famille, le mayen, m’a confié sa caméra. J’ai commencé à faire des petits montages. Plus tard encore, j’ai fait une rencontre déterminante avec Robert Hofer, le photographe. C’est lui qui m’a présenté Oswald Ruppen. Cet homme m’a ouvert l’esprit sur la manière de capter la réalité. Une manière très douce, en osmose avec les personnes. Ou comment être au milieu des gens sans être intrusif, malgré la caméra.

VM. Au cinéma, on dit « moteur » ! Quel est votre moteur Camille Cottagnoud ?

CC. C’est justement de capter le moment, la réalité. Je cherche ça depuis que j’ai 15 ans. Avec les années, j’y arrive de plus en plus régulièrement. Cette réalité, j’aspire à la transcender, pour le public, pour qu’il aie presque l’impression d’être dans une fiction. C’est d’ailleurs plus facile aujourd’hui, avec la vidéo et les nouvelles technologies.

VM. A travers le documentaire, quels sont vos sujets de prédilection ?

CC. Je filme les gens, c’est ce qui m’intéresse le plus. J’aime les paysages s’ils sont habités. Les situations. Le moment du tournage est magique. Faut que ça se passe bien, que l’équipe soit intégrée. Lorsque c’est le cas, ça ne prend que quelques minutes pour que les gens oublient la caméra et « jouent » leur vie.

http://www.hivernomade.ch/bande-annonce

La sortie du film « Hiver nomade » en Suisse romande est prévue pour le 7 novembre. Près de chez nous, une avant-première aura lieu au Cinéma Grain de Sel, av. de la Gare 4A, à Bex, le samedi 10 novembre à 18h. Réservation : 
024 475 26 56

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