« Dans un théâtre, il se crée une sorte de balistique du langage »

vendredi 2 septembre 2011, par Marie Parvex

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Nous avons attrapé Valère Novarina à son arrivée à Sion ce soir et lui avons tendu notre micro. Rencontre avec une « figure incontestable du théâtre international contemporain » qui assistera, dès aujourd’hui et jusqu’à lundi, aux représentations de son « Monologue d’Adramélech » au Petithéâtre de Sion.

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« Je suis plutôt un pirate, du point de vue de la production théâtrale. » Valère Novarina. Raphaël O’Byrne

C’est LE gros coup de ces quatre dernières années. Michaël Abbet et José-Manuel Ruiz, à la tête du Petithéâtre de Sion, sont parvenus à faire venir Valère Novarina en personne dans leurs murs. L’écrivain, metteur en scène et peintre d’origine vaudoise assistera à la reprise de son « Monologue d’Adramélech » après une création à Vidy en 2009. Sur leur site, les deux programmateurs le présentent comme une « figure incontournable du théâtre international contemporain ». Mais comment ont-ils donc fait pour faire venir pour la première fois en Valais un metteur en scène de cet acabit ? « Je connaissais l’éditeur du livre sur Novarina et son oeuvre qui sera verni samedi à La Liseuse », raconte Michaël Abbet alors que le même ouvrage a fêté son vernissage à Paris à l’Odéon en janvier. « C’est lui qui m’a proposé de faire venir cet événement suisse en Valais et d’y faire jouer un des spectacles de Valère Novarina. » C’est aussi le seul spectacle de la saison du Petithéâtre qui ait été acheté à un prix que l’on ne connaîtra pas à cause de « la fluctuation de l’euro », nous répond-on dans un sourire. Les autres pièces sont rémunérées par les entrées. « Le Monologue d’Adramélech » sera joué ce soir, dimanche et lundi. Nous avons cueilli Valère Novarina à son arrivée à Sion ce soir.

Valère Novarina, nous sommes au pied du théâtre de Valère et vous venez de me dire que votre frère était surnommé Tourbillon…

 
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C’est la première fois que vous venez jouer en Valais. Qu’est-ce que ça a comme intérêt pour vous ?

 
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Pour les programmateurs du Petithéâtre, vous êtes une figure incontestable du théâtre international contemporain. Comment percevez-vous votre rôle dans cet univers ?

 
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Comment dirigez-vous le comédien pour ce monologue où vous signez le texte, la mise en scène et les décors ?

 
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Cette pièce a été créée à Vidy. Comment vous adaptez-vous à l’espace exigu du Petithéâtre ?

 
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Vous écrivez souvent à la montagne. Est-ce que ça influence le contenu ou la forme de votre écriture ?

 
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Quelle réaction attendez-vous du public valaisan ?

 
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Plus d’infos : sur le site du Petithéâtre ou sur www.novarina.com

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1 Message

  • Balistique de la déception 8 septembre 2011 23:00, par marie

    J’étais venu voir le langage, le toucher au risque même d’être brûlé par sa vivacité mais rien. Rien sinon au galop courir et m’échapper de ce pantomime que est le monologue d’Adramélech. Le sens en poésie est un luxe et j’étais venu toucher la chair d’une langue novarinienne mais rien dans cette mise en scène qu’au galop fuir l’ennui du pantomime qui avec rythme, cadence et rythme encore jette au public des mots dépecés de sens. Le rythme à lui seul ne suffit pas. L’acteur ne se bat plus contre cet animal sauvage qu’est le texte mais il le récite comme un animal soumis et ce récit fragmenté coule sur moi sans ne creuser d’émotion ou susciter une quelque fuite de réflexion. Pas d’élan. Pas de retournement du souffle. Ça sonne creux, ça sonne faux on voudrait crier à la supercherie, invoquer Antonin Artaud lui qui a su dépouiller du mots son sens pour lui donner une valeur incantatoire, une dimension sensible. Dans cette voûte souterraine, sublime espace agencée de pierres sèches qui pousse aux déboires mystiques, on ne sentait pas la lutte d’un homme qui meurt dans son langage à lui. Dans cet espace intemporel, je n’étais rien d’autre qu’une proie prise au piège par la médiocrité alors que j’attendais l’éblouissement mais je n’abdique pas parce que j’aime cette liturgie novarinienne qui par le passé déjà a embrasé jusqu’au vertige.

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