Danse

Du corps, de la lumière et du regard

dimanche 14 octobre 2012, par Nicole Mottet

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Poésie de chaque instant, pureté de l’image, alchimie du geste, du son et de la lumière, le spectacle proposé en cette mi-octobre par Alexandre Doublet et Denis Maillefer, les deux co-directeurs du Théâtre Les Halles, s’imprime dans les esprits comme un moment rare de grâce absolue.

La chorégraphie des deux pièces Obtus et Nixe par la Cie Greffe créées à Genève en 2009, est signée Cindy Van Acker, danseuse d’origine flamande établie à Genève depuis une dizaine d’années.

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La Compagnie Greffe, de Genève,était l’invitée pour deux soirées du Théâtre Les Halles à Sierre.

La scène est noire, juste striée d’un rai de néons blancs posés à l’avant-scène. C’est sur cette ligne qu’évolue la danseuse Tamara Bacci, fendant la nuit de ses bras graciles. Commence alors un étrange envol, où le corps se déploie en silhouettes déstructurées, évoquant tantôt l’imaginaire animalier, tantôt l’iconographie des maîtres du clair-obscur. La composition sonore de Mika Vainio, organique et cosmique, ne fait qu’un avec ce corps qui tutoie l’apesanteur, brisant l’espace en autant de visions crépusculaires. La tension est palpable jusqu’au sommet du gradin. Très vite, le spectateur se retrouve captif de ce chassé-croisé lumineux. Et lorsque Obtus se termine, il reste longtemps dans le noir, la rétine imprégnée d’un kaléidoscope d’images envoûtantes.

Extrait : http://www.ciegreffe.org/pieces.php…

Duo pour corps et néon

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Nixe, un corps à corps avec la lumière.

Dans Nixe, solo de Perrine Valli présenté en première partie, le geste et la lumière se partagent l’affiche. Les bras ouvrent la cérémonie, dans une exploration obstinée de la ligne et de ses brisures. Et lorsque l’artiste entame son duo avec les néons posés au sol comme une couche, elle s’y introduit parcimonieusement en d’insolites figures, semblant fouler du pied une terre inconnue. Les poses sont longues et singulières, subtiles calligraphies défiant parfois les lois de l’équilibre. Elle va pourtant s’extraire de cette prison de verre pour mieux poursuivre son solo. Le corps semble n’exister qu’à travers les bras qui martèlent la nuit. Alors que plus tard, dans la scène finale, la silhouette se diluera dans les bandes lumineuses de la paroi du fond, abolissant la profondeur pour n’étre plus que pleins et vides alternés, abandonnant finalement le spectateur, entre ombres et lumières, à de fascinants effets optiques.

photos et vidéo : Compagnie Greffe

www.ciegreffe.org

www.theatreleshalles.ch

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