Valais-mag

Le journal culturel valaisan

En marche vers « Le silence »

samedi 16 janvier 2010, par Marie Parvex

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L’Ensemble-Théâtre « Le crochet à nuages » a commencé ses répétitions du « Silence » de Nathalie Sarraute pendant le mois de juillet. Valais-mag a assisté au début du travail sur ce texte difficile. Reportage.

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Le Silence, sur le plateau des Halles de Sierre. Crédit photo : Graziella Antonini.

Sous la direction d’Amand Deladoëy, ils marchent. Le corps actif et impliqué, chacun est attentif à réagir aux mouvements du groupe. Au sol, accroupis, en sautant ou en frappant les parois, ils apprennent au fil des jours à « laisser sortir le texte », selon les mots du metteur en scène. « C’est par une remarque sur les petits auvents, comme des dentelles peintes, et des jardinets plein de jasmin que tout a commencé » scande plusieurs fois le comédien valaisan Fred Mudry. Il accroche, manque un adjectif ou inverse les mots, s’énerve sur la difficulté des phrases. « Ce texte est effectivement très compliqué à retenir » sourit Armand Deladoëy.

« Il n’est pas question ici de donner sa réplique » exhorte le metteur en scène en interrompant l’exercice. « Il ne s’agit pas de réciter son texte mais de laisser faire. » La comédienne Olivia Seigne confie : « on oublie tout ce qu’on croit savoir faire, toute la recherche sur la psychologie des personnages et on revient à la base : le corps et le rythme ».

Comment se sent-elle juste après la répétition ?

Interview
Olivia Seigne, comédienne
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Le texte de Sarraute ne connaît pas de personnages, seulement des hommes et des femmes qui portent des numéros. Pas de travail d’interprétation au sens classique du terme donc, mais une recherche sur la parole comme acte du corps avant tout. « La parole passe par le corps et c’est la première chose qui m’intéresse », explique le metteur en scène qui vise à éviter toute construction mentale de l’interprétation.

Quel est le sujet du Silence ?

Interview
Armand Deladoëy, metteur en scène
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Le matin, la troupe s’échauffe physiquement. Elle travaille ensuite avec Antonella Talamonti sur la musicalité du texte. Chaque groupe d’expressions est décortiqué, dit de différentes manières jusqu’à devenir une véritable partition. « Mon but est de rendre les comédiens conscients de la partition texte, de leur façon de bouger dans l’espace et d’être en relation les uns avec les autres. L’idée essentielle de ce travail c’est qu’être dans l’espace, bouger et parler c’est toujours une production musicale. »

Interview
Antonella Talamonti, formatrice d’acteurs
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Le groupe rejoint ensuite le metteur en scène pour plusieurs heures de répétition. Les pauses sont courtes et le corps jamais au repos. Le travail semble éprouver assez rudement les artistes. « Je ne dirais pas que ça éprouve, plutôt que c’est un travail qui engage », souligne Antonella. « C’est extrêmement motivant mais très exigeant. On perd pied complètement. Il faut accepter d’aller jusque là et de faire confiance » raconte Olivia Seigne au sortir de la journée de répétition. « Le travail d’Armand est très différent des spectacles que l’on monte ici d’habitude. C’est un véritable travail de laboratoire. »

Lire aussi notre critique : Le coup de chapeau.

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