Scènes valaisannes

Jouer, juste pour le plaisir

lundi 16 janvier 2012, par Marie Parvex

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« Histrions », c’est une démonstration de comédiens qui s’éclatent à faire ce qu’ils ont envie et surtout à montrer leur talent. Et leur plaisir est communicatif ! Un moment divertissant mais sans enjeu.

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Bernard Sartoretti, Ingrid Sartoretti et Pierre-Pascal Nanchen dans une adaptation des trois singes de la sagesse pour le visuel d’« Histrions ». DR

Une lanterne dans le noir complet, qui découpe juste les visages de deux compères et nous entraîne dans une version du petit chaperon rouge façon bandits des grands chemins. Des favoris émacient soudainement un visage, le nez devient museau, les yeux se teintent du jaune de ceux des loups. Cosette, Romulus et Remus, les trois petits cochons… Tout le monde s’en mêle pour faire d’ « Histrions » une démonstration déjantée du pouvoir des mots et surtout des comédiens.

Le Ka-têt réunit Pierre-Pascal Nanchen, Bernard Sartoretti et Ingrid Sartoretti sur la scène du Teatro Comico pendant deux bonnes heures. A partir des six questions de base qui définissent la substance de toute histoire- qui, quoi, où , quand, comment et pourquoi – le trio nous emmène dans le théâtre antique, la fable façon gavroche, le clown ou la commedia dell’ arte. Les comédiens s’en donnent à cœur joie en passant d’un style à l’autre, réunissant dans une même création la variété qui permet de montrer l’ampleur de leur talent. Un seul accessoire suffit, c’est un nouveau personnage qui naît avec une autre voix, un nouvel accent, une démarche ou une posture unique. Une constitution physique et vocale du rôle très aboutie chez Pierre-Pascal Nanchen et Bernard Sartoretti.

Ce théâtre-là n’intellectualise pas. Il est drôle, vif, jouissif. Le propos n’amène pas une grande réflexion sur le jeu ou sa matière mais expérimente, de manière assez légère, la construction formelle d’un personnage caricatural. L’humour du Ka-têt fait mouche le plus souvent. Mais la pièce est clairement trop longue. L’expérimentation des formes de différentes époques du théâtre et la narration de l’histoire - toujours celle du petit chaperon rouge - par différents biais sont comprises rapidement. L’ensemble gagnerait en pertinence et en piquant si on en élaguait les longueurs. Un moment divertissant.

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