Le 11 septembre, dix ans après !

vendredi 25 novembre 2011, par Marie Parvex

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C’est un mur de journaux qui se dresse devant le spectateur. Bien agencé, en petits tas lié par une ficelle. Sur cette paroi irrégulière, des hommes et des femmes racontent leur 11 septembre. Yan Walther signe ici sa première mise en scène de théâtre. Avec des idées foisonnantes et une belle liberté dans la forme qu’il donne à sa pièce. Reste un doute sur le choix du texte et son propos.

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François Florey reconstitue la chronologie des événements à l’aide de marionnettes.

C’est un mur de journaux qui se dresse devant le spectateur. Bien agencé, en petits tas lié par une ficelle. Sur cette paroi irrégulière, des hommes et des femmes racontent leur 11 septembre. Le micro-trottoir tourné dans les rues révèle que chacun se souvient de cette date et de ce qu’il était en train de faire au moment fatidique. Mais aussi que presque tous en ont, même dix ans après, une lecture très lisse et semblable. Et puis, comme on pouvait s’y attendre, la paroi s’effondre.

Au-delà d’autres piles s’entassent du sol au plafond. Un homme, fébrile, passe d’un journal à la télévision à son livre de notes. Il récite les mots du pilote, du terroriste, du contrôleur aérien, des passagers, du président… Soudain c’est le noir et des mots qui s’affichent en surtitre au sommet de la scène commentés par la trompette, moqueuse, guerrière ou triste, de Olivier Carry. Puis une télévision qui s’allume, projetant le texte d’un journaliste récité par le comédien qui répond ensuite à son propre enregistrement audio et note une phrase dans l’urgence d’une possible découverte. La répète en boucle. Passe à la suivante.

La diversité des supports rend la compréhension difficile pendant le premier quart d’heure. Puis le propos se recentre autour des gens qui ont essayé de fuir les tours, figurés par des marionnettes dévalant des piles de journaux. L’important engagement physique du comédien (François Florey, très convaincant) fait monter une certaine intensité dans la salle. Elle est ensuite coupée par un jeu, des phrases tirées au sort que le comédien doit répartir entre les camps terroristes ou américains. L’ironie offre un recul salutaire.

Yan Walther signe ici sa première mise en scène de théâtre. Avec des idées foisonnantes et une belle liberté dans la forme qu’il donne à sa pièce. Reste un doute sur le choix du texte et son propos. Ce tissage de citations signé Vinaver a été écrit une année après le drame. Les collusions de réflexion économique, de témoignage des victimes, de discours guerrier montrent bien l’ampleur de l’événement et l’absurdité de certaines réactions ou conséquences. Ironique, piquant et critique une année après. Mais dix ans plus tard, alors que le 11 septembre a été décortiqué autant qu’il est possible, on a l’impression de ré-entendre des témoignages que l’on connaît presque par cœur. Dommage. Les capacités du metteur auraient sans doute eu plus d’éclat avec un autre texte.

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