Le refrain de la mort du cygne

mercredi 24 octobre 2012, par Emmanuelle Es-Borrat

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Première hier soir à Monthey de Re-play La mort du cygne. En collaboration avec le Théâtre du Crochetan et Valais-mag, la chorégraphe Rafaële Giovanola s’est entretenue avec le public au terme de la représentation. Le spectacle se joue encore ce soir et demain à 20h30.

Une bande son qui grésille, souffle, et laisse s’échapper comme un coeur qui bat. C’est sur ce leitmotiv envoutant que se joue la mort du cygne. Comme un rappel de la création originale d’Anna Pavlova sur une musique de Camille Saint-Saëns, souffle d’un autre temps, recréé ici dans une chorégraphie résolument contemporaine et théâtrale.

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Re-Play, La mort du cygne. Ce soir et demain au Théâtre du Crochetan ©KlausFroehlich

Cinq femmes, comme autant de volatiles à l’agonie, jouent chacune, tour à tour et ensemble, la fin d’une vie. Mais tout ne s’arrête jamais avec Rafaële Giovanola. Travaillant sur le loop, refrain bien connu de la musique électro, la chorégraphe d’origine valaisanne, a monté son spectacle comme une mort qui se prolonge à l’infini. Un dispositif précis qui laisse cependant libre cours à l’improvisation. « Lorsque nous avons commencé à répéter en mai, chacune des danseuses s’est appropriée un fragment de la chorégraphie originale », a expliqué la chorégraphe à l’issue de la représentation. « Nous avons ensuite fixé les choses au fur et à mesure que nous avancions, mais rien n’est jamais terminé. Le spectacle est en constante évolution. Selon la légende, Anna Pavlova aurait d’ailleurs interprété son solo des centaines de fois et, à chaque reprise, de manière différente. » Très théâtral dans les voix qui se répondent elles aussi sans cesse, les costumes ou la musique mixée en direct par les danseuses à partir d’une platine de DJ, le spectacle s’appuie non seulement sur le ballet des corps mais sur l’expression des visages : mimiques, traits marqués de souffrance et, souvent, ces yeux ronds, hagards qui font face à cette mort qui arrive. Le rythme des basses accentuant le côté tragique et inéluctable de la fin qui approche.

Ce soir mercredi et demain jeudi à 20h30 au Théâtre du Crochetan. www.crochetan.ch

PORTRAIT

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Née en 1960 à Baltimore (USA), la Montheysanne Rafaële Giovanola s’initie à la danse classique avec Juana Thürler dans sa ville d’origine. Elle poursuit sa formation chez Marika Besobrasova à Monte-Carlo, avant d’être engagée en tant que soliste à Turin. Après une saison, elle est engagée à Francfort par Egon Madsen. Elle interprète le répertoire classique, mais aussi des chorégraphies contemporaines de Jiri Kylian, Uwe Scholz, Stephen Petronio et surtout William Forsythe. Sous sa direction, elle danse pendant huit ans au sein du Ballet de Francfort. Entre 1990 et 2003, elle participe au Choreographisches Theater de Pavel Mikuláštik à Freiburg-en-Brisgau et danse à l’Opéra de Bonn. Elle obtient le Prix de la critique dans le journal « Ballett international/Tanz aktuell ». Rafaële Giovanola fonde la Compagnie Cocoondance avec l’an 2000.

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