Jasmine Morand en a fait un « Carrousel » : un florilège de quatre créations de son cru. Toutes n’impliquent que des danseuses. « C’est un peu le thème de cette soirée, ce qui lie ces pièces entre elles. » Les artistes qu’elle a choisies sortent de grandes écoles et de grandes compagnies. Elles ont la trentaine et la plupart s’affirment dans un chemin de recherche artistique. Pauline Wassermann s’est par exemple illustrée à plusieurs sur les scènes jeunes chorégraphes du bout du lac avec des créations originales.
« Je choisis des personnalités et des qualités de mouvement qui me touchent », explique la chorégraphe. Comme dans presque toutes les compagnies contemporaines, ce choix est important puisque les interprètes fournissent le matériau des chorégraphies pendant des sessions d’improvisation.
Virage contemporain
La chorégraphe a commencé sa carrière dans les grandes écoles et les compagnies classiques avant de bifurquer subitement vers un mouvement radicalement contemporain. Elle entre dans l’école de Rotterdam où elle commence à explorer le mouvement. « J’aime l’aspect recherche de mouvement du monde contemporain mais je ne tourne pas le dos à la technique classique que j’utilise toujours pour mes échauffements. Actuellement, je travaille avec une compagnie de Butoh. J’apprécie d’avoir cette possibilité expressive qui existe aussi en contemporain. » Un monde plus ouvert, moins codifié, qui lui offre une plage de liberté.
L’humour avant tout
« Avertissement : l’abus de séries B peut provoquer de sérieux effets secondaires, notamment des troubles spacio-temporels. » Ainsi s’ouvre le texte descriptif de la pièce « série B ». Un humour grinçant qui occupe une place centrale dans l’œuvre de la compagnie. « Beaucoup de choses peuvent être dites de cette manière, sans tomber sous le coup d’un ton moralisateur. C’est assez difficile de faire de l’humour bien placé, plus que de faire du drame. Mais je pense que lorsque l’on vise juste, on touche les gens très profondément. »
Pour Jasmine Morand, la danse contemporaine est victime d’un préjugé : celui d’être un art élitiste difficile à comprendre. Elle décide donc d’offrir un langage le plus accessible possible par le biais de l’humour notamment, mais aussi de proposer plusieurs pièces avec des thèmes et des atmosphères différentes. Comme quatre portes d’entrée possibles dans le monde de la danse contemporaine.


