Ils sont déjà quinze à avoir réservé leur place dans le bus. Comme pour un match de football, les supporters de Nicolas Turicchia s’organisent pour aller jusqu’à l’Usine Schaublin dans le Jura bernois. Le festival de musique et danse contemporaine l’Usine Sonore a commandé chorégraphie et interprétation à cet artiste valaisan. C’est d’ailleurs la première fois que la manifestation programme de la danse. Un honneur que Nicolas Turicchia mesure à sa juste valeur . « C’est une occasion extraordinaire pour moi. Des chorégraphies sur cette pièce de Steve Reich, il en existe. Mais je pense que c’est la première fois qu’il y aura de la danse sur « 18 musicians » joué en live. » Les programmateurs ont dû demander l’autorisation du compositeur pour mêler ainsi de la danse contemporaine à son oeuvre.
L’occasion est unique aussi pour la famille et les amis qui le soutiennent depuis qu’à l’âge de vingt ans, il a choisi la danse à la surprise de tous. Après sa formation, il traverse toute l’Europe au gré des engagements avant de prendre pied à Lucerne où il est engagé comme danseur au Théâtre de la ville. C’est sa première chorégraphie dans un contexte aussi prestigieux. « Nous l’avons rencontré grâce à un percussionniste de Lucerne avec qui il est ami. Il nous a dit que Nicolas travaillait depuis déjà plusieurs années sur Steve Reich. Quand on a vu certaines oeuvres en vidéo on a vraiment eu l’impression qu’il faisait le même travail que nous », raconte Julien Annoni, l’un des deux programmateurs de l’Usine sonore. « Il a une grande sensibilité, des gestes très fins et un rapport très étroit avec la musique. »
Depuis quelques années déjà, Nicolas Turicchia fait ses armes comme créateur. Petits solos de quinze minutes, pièce pour une danseuse, événement dans la gare de Lucerne ont été autant d’occasions de chercher son style épuré. Finalement, il quitte son travail pour répondre à sa soif de créer sa propre danse. Le 13 mars 2010, ce sera le début dans la cour des grands, une première marche sur l’escalier des chorégraphes romands prospères et reconnus.
La soirée du samedi sera d’ailleurs très valaisanne puisque le chœur Novantica participera au premier concert du jour : « Les Noces » d’Igor Stravinsky à 18h. Un deuxième concert par un ensemble new-yorkais invité, Red Light New Music, commencera à 20h. « Music for 18 musicians » débutera à 22h. Le dimanche trois concerts sont aussi au programme. Ce festival, bien placé sur la scène musicale romande, a lieu chaque deux ans depuis 2006. Cette année ce sont 60 musiciens qui participeront à six concerts en deux jours. Plus d’infos : www.usinesonore.ch
Pour réserver une place dans le bus au départ du Châble avec halte à Martigny : contacter la maman du danseur au 027 776 17 14.


