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Greg Mortenson : trois tasses de thé

samedi 30 avril 2011, par Elizabeth Nyffenegger

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Ceci est une histoire vraie. Celle d’un Californien, féru d’alpinisme, infirmier réanimateur de son état. C’est à ce titre qu’il se trouve invité à participer à une expédition au K2 (8611m) dans le massif du Karakoram, au nord du Pakistan Mortenson avait œuvré, sans ménager sa peine, à ravitailler les différents bivouacs.

La veille de son ascension, et juste avant d’aller se coucher, il observe une dernière fois les montagnes alentour à la jumelle. Il aperçoit alors des signaux de détresse sur la paroi du K2. Après un bref repos, lui et un collègue partent au secours de la cordée en détresse. Il leur faut 24 heures pour arriver à l’endroit où l’un des alpinistes souffre du mal de montagne de façon aiguë, à 600 mètres du sommet. Après les premiers soins, ils entreprennent de redescendre le malade sub-comateux jusqu’au camp de base. Ce qui leur prend 48 heures dans des conditions hallucinantes.

A la suite de quoi, Mortenson et son collègue comprennent qu’ils n’ont plus l’énergie pour faire le sommet et redescendent. Dans un état de fatigue extrême, Mortenson se perd sur le glacier de Baltoro. La nuit tombe et il se retrouve sans nourriture, sans vêtements chauds, sans tente (son porteur était parti devant !). Il survit miraculeusement à la nuit passée dans des conditions des plus inhospitalières.

Le lendemain son guide le retrouve et il leur faut trois jours pour traverser le glacier (62 km). Arrivé au bout du glacier, son guide relâche sa vigilance et Mortenson, obnubilé par les arbres qu’il voit au loin, se perd une nouvelle fois pour avoir manqué l’unique pont (une installation en corde de poils de yaks !) Il aboutit dans un village habité par une population d’origine tibétaine qui le recueille, épuisé. Il reste là quelques temps à reprendre des forces et un jour il demande à voir l’école.

Le chef du village, réticent, l’emmène sur un balcon rocheux, à ciel ouvert, où 82 enfants , assis sur la terre gelée répètent leurs tables de multiplication. Tout seul. Un enseignant vient trois jours par semaines. Le reste du temps les enfants sont seuls. Un enseignant à temps plein coûterait aux villageois 1$ par jour. Ce dollar ils ne l’ont pas.

Ce jour-là la vie de Mortenson bascule, quand il a promis et s’est juré de construire une école pour ce village où on lui a sauvé la vie. Ce jour-là commence une extraordinaire aventure, faite de générosité et de patience, de courage et de détermination, d’endurance face à des obstacles nombreux et à des démêlés divers, avec la CIA entre autres. Mais rien ne détourne Mortenson de la promesse faite et des années plus tard il aura construit des dizaines d’école.

Une histoire enthousiasmante qui fait chaud au cœur. A lire sans tarder d’autant qu’une partie des droits d’auteur bénéficie aux projets.

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