Le 5 décembre dernier, dans une discothèque de Saillon, un membre d’une bande skinheads du coin, des bons Valaisans, a poignardé un Kosovar parce qu’il avait osé faire une remarque désobligeante sur son accoutrement néo-nazi. Peu auparavant, ces mêmes personnes avaient déjà fait du grabuge à Saxon, où la police était intervenue mollement après une bagarre qui s’est soldée par un blessé. Mollement, le mot est faible. En réalité elle a été négligente. Soit par peur de la bande de skins, soit, je n’ose l’imaginer, par une sorte de connivence inconsciente. Dans les mêmes circonstances, il est évident qu’un Kosovar aurait été incarcéré sur le champ pour coups et blessures.
La police dit avoir fait son travail, mais c’est faux et personne n’ose le dire, sauf les Jeunes socialistes dans Le Peuple Valaisan. En France une telle affaire relèverait presque du président de la République. En Valais, rien. Pas un responsable politique n’a condamné cet acte typiquement grégaire de type fasciste. Ce silence des autorités est pénible à supporter. La violence du loup contre un mouton, par contre, a beaucoup plus d’écho. La violence ne semble pas perçue la même chose selon sa provenance. J’ai une pensée toute personnelle pour ce jeune homme qui s’est fait couper la carotide, dont l’agresseur riait tandis qu’il se vidait de son sang. Comme il est encore en vie par miracle, l’autre sera jugé pour tentative de meurtre, soit quelques années de prison, vu qu’il était ivre ou qu’il s’était senti menacé, qu’il pensait que l’autre avait une arme, qu’il s’est cru en légitime défense… Dieu sait quelles circonstances atténuantes on trouvera pour ce gentil garçon, bien intégré dans la vie locale.

