Coke en stock

lundi 6 décembre 2010, par Gilles Sonderegger

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Que de dealers, dans nos rues, nos bars, nos boites… Que de boulettes, commises par des législateurs dont la logique m’échappe…

Je veux vous dire deux mots sur ces deux maux, quand-même, vous faire une petite démo.

Que de dealers, dans nos rues, nos bars, nos boites… Que de boulettes, commises par des législateurs dont la logique m’échappe…

Je veux vous dire deux mots sur ces deux maux, quand-même, vous faire une petite démo.

Les dealers, d’abord : sacré métier. Trouver quelque chose de vendable, le vendre, ne se faire détrousser ni par un junkie ni par un collègue ni par un policier indélicat, attendre dans le froid souvent, subir tous ces regards de travers, demander pardon à Allah ou à Dieu, prier pour que sa mère ne l’apprenne jamais, accepter cette honte un peu comme certaines prostituées doivent accepter la leur, ne pas se faire arrêter, ou finalement si, pourquoi pas…quelques mois dans un vrai lit, avec des vrais repas, des vrais heures de sommeil, une vrai salle de muscu, plus besoin de raser les murs, de courir après des logements clandestins hors de prix… Tout ça pour combien ? Allez, peut-être 100.- de marge par jour, en moyenne, moins les frais…

Le rêve américain, des milliers de suisses l’ont vécu (si si, souvenez-vous des crises des années 1920). Ils ont été accueillis, épaulés et ont écrit quelques belles success stories. Mais le rêve suisse, lui, est un vrai cauchemar pour celui qui vient pour y travailler. C’est simple : on le lui in-ter-dit ! Vous, j’sais pas, mais moi, je ferais exactement l’inverse : je leur fournirais, et même je leur imposerais un emploi rémunéré de manière acceptable (puisqu’ils ont de toute façon réussi à arriver jusqu’ici et ne sont pas près d’en repartir), parce que la plupart des dealers sont comme comme la plupart des prostituées : ils n’ont pas le choix, on ne le leur a pas offert, bien au contraire. Comment ? Vous dites, Oskar ? Ah, que si on leur donne du travail, on va en attirer encore plus et faire un « appel d’air » ? C’est vrai ça, ils risqueraient bien de venir pour travailler. Ca ferait une sacré différence, effectivement, parce qu’avec les lois actuelles, on ne fait plus « appel d’air » que pour ceux qui veulent dealer ! Mais bon, que serait Genève sans sa coke et ses putes, n’est ce pas ? Un Dubaï bis, dont personne ne verrait plus l’intérêt… ? Alors non, finalement, surtout ne changeons rien. Les travailleurs au noir roumains et polonais sont bien moins voyants, et surtout beaucoup moins onéreux que ne le seraient des emplois officialisés pour tous les requérants, deboutés, NEM, et autres ! ! !

Et puis pour conclure, un petit peu de ces vérités qui font mal à admettre : nos plus grosses entreprises « nationales » vivent l’une du négoce pas toujours brillant de matières premières (http://fr.wikipedia.org/wiki/Glencore), l’autre de la transformation de café et de cacao (non non, ça ne pousse pas en Suisse), et d’autres encore gèrent ( souvent mal ! ) leurs centaines de milliards. Genève est la plaque tournante mondiale du négoce de pétrole (non non, ce ne sont pas des gisements suisses).

Alors, à défaut d’être chrétiens, soyons honnêtes : on s’en gave, et moi le premier, de la misère des africains qui ne peuvent plus venir que dealer chez nous. Même notre Cervin appartient à leur plaque continentale, n’en déplaise à Toblerone qui leur avait déjà piqué le cacao. Et le commerce équitable, c’est bien joli, mais ce n’est pas rétro-actif, et il sera toujours beaucoup plus équitable pour nous que pour eux. Alors… à défaut d’être chrétiens… ou honnêtes… soyons au moins beaux joueurs, et surtout n’oublions pas que Mayuka a qualifié Berne pour les 16èmes de finale de l’Europa-League en marquant 2 buts en 3 minutes !

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