La catastrophe, version philo

lundi 27 août 2012, par Emmanuelle Es-Borrat

Enregistrer au format PDF

Le 7e festival francophone de philosophie aura lieu les 7 et 8 septembre à Saint-Maurice. De quoi faire descendre les idées dans la rue et instaurer un dialogue tous azimuts dans la cité.

"O malheureux mortels ! ô terre déplorable ! O de tous les mortels assemblage effroyable ! D’inutiles douleurs éternel entretien ! Philosophes trompés qui criez : « Tout est bien » Accourez, contemplez ces ruines affreuses Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses"

JPEG - 112.8 ko
Ollivier Pourriol :« La catastrophe, une chance pour le cinéma ? » 7 septembre à 9h.

A ces vers rédigés par Voltaire suite au tremblement de terre de Lisbonne en 1756, Rousseau répond par la Lettre sur la providence : « Homme, prends patience, me disent Pope et Leibniz. Tes maux sont un effet nécessaire de ta nature, et de la constitution de cet univers. Si l’Être éternel n’a pas mieux fait, c’est qu’il ne pouvait mieux faire. » Malheur inconcevable d’un côté, tremplin vers un meilleur de l’autre. Placé sous le thème de « La catastrophe, une chance ? », le 7e Festival francophone de la philosophie promet quelques discussions. Et sans qu’il faille absolument prendre parti pour Voltaire ou Rousseau, les différents rendez-vous organisés les 7 et 8 septembre autour du Collège de Saint-Maurice permettront sans aucun doute au public de se poser des questions. « C’est bien l’objectif premier de cette manifestation », rappelle son président Guy Mettan. « Mettre la philosophie à la porte de tout un chacun, au coeur de ses préoccupations. » Et en matière de catastrophe, l’actualité n’est jamais en reste. Le drame d’Haïti, Fukushima, la récente prédiction Maya de fin du monde en sont quelques exemples récents. Et les interrogations de surgir : qui est responsable ? Est-ce là une sanction divine ? La fautes des hommes ? Et, par delà les tragédies humaines que l’on ne peut étouffer, une catastrophe peut-elle aussi représenter une chance, un ouverture vers de nouvelles opportunités ?

JPEG - 121.7 ko
Pierre Zaoui : «  »Catastrophes privées, catastrophes collectives" 7 septembre à 20 h.

« En Chine », rappelle encore Guy Mettan, « le même idéogramme est utilisé pour signifier crise et chance. Une catastrophe individuelle, collective, sociale ou économique peut-elle tout de même proposer de nouvelles perspectives ? » Le débat est lancé et de nombreux invités viendront apporter leur pierre à la discussion pendant deux jours. D’Ollivier Pourriol, philosophe, scénariste et auteur de Cinephilo à Marie de Hennezel, pionnière de l’accompagnement en fin de vie, en passant par Pierre Zaoui, directeur de programme au Collège international de philosophie. Envisagée dans de multiples domaines, jusque dans son expression la plus ultime - la mort - la catastrophe va être scrutée de toutes parts. « Car nous partons du principe que la philosophie a elle aussi beaucoup à apprendre en allant se renseigner auprès de celles et ceux qui pratiquent », explique Philip Clark, membre du comité d’organisation et co-président du Projet Socrate, qui invite la philosophie dans le monde du travail. « La conversation dans les sciences humaines permet d’apprendre. Si des réponses ne sont pas forcément trouvées, elle se nourrit tout de même des approches différentes. » A noter, que fidèle à sa formule de départ, le festival reconduit ses fameux Credos philosophiques. Jean Troillet, Rosette Poletti, Michel Bühler et Jérôme Meizoz, parmi d’autres, seront donc présents sur la Place du Parvis de Saint-Maurice afin de témoigner de leur engagement philosophique dans leur vie personnelle.

Les 7 et 8 septembre au Collège de Saint-Maurice. Entrée libre. Programme détaillé sur www.festivalphilosophie.info

Répondre à cet article